La double qui s’est donné rendez-vous dans Byzance

FabCaro est un mec drôle. Désopilant. On ne sait pas comment vous le dire autrement. C’est le Midas de la création artistique moderne ; pas les amortisseurs et les plaquettes de frein, hein, mais le roi de Phrygie, cet ancien pays d’Asie Mineure coincé entre la Cappadoce et la Lydie (cette grosse cochonne), sur la partie occidentale du plateau anatolien, soit l’actuel Turquie, pour ceux qui ont séché l’histoire-géo au collège, voir le collège en général, ce qui est quand même un coup à se retrouver à bosser toute sa vie pour Midas, les amortisseurs ce coup-ci, pas le roi de Phrygie qui transformait en or tout ce qu’il touchait, un peu comme FabCaro donc, disais-je avant de m’égarer péniblement entre deux virgules, et si tu avances quand je virgule, comment veux-tu que je pédoncule. Bref, FabCaro est un mec drôle, bien plus drôle que moi, mais il doit aussi bien moins picoler, ceci explique cela. Tout ce qu’il touche se transforme en or, que ce soit ce qui est sans doute la meilleure bédé du XXIe siècle, à vous donner envie d’aller siffler là-haut sur la colline (Zai Zai Zai Zai, 2015), des romans aussi hilarants que « Le Discours » ou un monument de fierté nationale comme Astérix. Qui d’autre que FabCaro pouvait réanimer notre gaulois moribond à grands coups de retards de la Société Nationale des Chars et des Foins ou de Monsieur et Madame Afix ont un fils ? Et surtout, qui d’autre pouvait aller taper avec temps d’entrain sur la tête des légionnaires du politiquement correct, bim, une beigne pour les apôtres du manger bio, bam, une mandale pour ces abrutis de Lutétiens qui parlent de la province avec un air pincé. Un bel album qui se finit en beauté, par un grand banquet au clair de lune ou tout le monde chante et mange, sauf FabCaro ligoté à son chêne.
FabCaro et Didier Conrad « L’Iris Blanc » (Hachette Livre)


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