Roberto Bolaño “La littérature nazie en Amérique” (Christian Bourgeois)

La double qui s‘en prend à l’incapacité du roman moderne, surtout français, décérébré et hagard, de comprendre la douleur et donc de créer des personnages. Difficile d’isoler une seule double page tant le génie bolanesque transpire ici à chaque ligne ou presque, de pirouette sémantique en trouvaille poétique, de fulgurance scénaristique en concept tout simplement parfait. Sous le titre ultra provocateur (impec pour lire dans … Continue reading Roberto Bolaño “La littérature nazie en Amérique” (Christian Bourgeois)

Savinien de Cyrano de Bergerac “Histoires comiques des États et Empires de la Lune et du Soleil”

La double qui avoit cheminé une lieue à travers une forest de jasemins et de mirthes quand elle apperceut, couché à l’ombre, je ne sçay quoy qui remuoits. Parus respectivement en 1657 et 1662, ces Histoires comiques des États et Empires de la Lune et du Soleil sont aujourd’hui considérées comme faisant partie des tout premiers ouvrages de SF… Que dis-je, un ouvrage, c’est un … Continue reading Savinien de Cyrano de Bergerac “Histoires comiques des États et Empires de la Lune et du Soleil”

Martin Harníček “Albin” (Monts Métallifères)

La double qui était ravi d’entendre le professeur nous dire qu’on allait faire la démonstration de plusieurs autres méthodes de strangulation sur cet homme  Pourquoi se faire chier avec les vieux ? 50 ans pour les hommes, 45 ans pour les femmes, et même 40 pour celles qui ont eu le tort d’avoir un gosse, allez hop, au crématoire, enfin, ça dépend de l’humeur du … Continue reading Martin Harníček “Albin” (Monts Métallifères)

Anthony Passeron “Jacky” (Grasset)

La double qui s‘endort quelque part au milieu des négatifs de nos vies. À l’instar d’un Nicolas Mathieu, Anthony Passeron s’illustre dans le roman générationnel et (de toute évidence) autobiographique, plongée en apnée dans ces années 90 qu’on n’aurait jamais dû quitter. Mais là où Nos enfants après eux était rythmé par les tracks de Nirvana, Jacky se lit plutôt en binaire, avec en fond … Continue reading Anthony Passeron “Jacky” (Grasset)

Arto Paasilinna “Un homme heureux” (Denoel)

La double qui voyageait en compagnie d’un authentique lièvre finlandais.  Pour ceux qui auraient un peu trop tendance à ramener Paasilinna à son Lièvre de Vatanen, Un Homme heureux est la piqûre de rappel idéale pour se souvenir que le Finlandais est décidément un conteur incroyable, capable de faire passer un souffle épique dans la moindre petite historiette de rien du tout : ici, la … Continue reading Arto Paasilinna “Un homme heureux” (Denoel)

Pavel Hák “Warax” (Le Seuil)

La double qui avance dans les ténèbres du désert quand les premiers missiles frappent la capitale. Son Sniper nous avait glacé le sang, Warax lui fait refaire un tour à vide dans la grande mécanique du cœur désormais vide de sens. C’est tendu, suffoquant, ca avance par à coup (quand ca avance) en sautant du coq à l’âne, ou plutôt de la bande d’immigrés mexicains … Continue reading Pavel Hák “Warax” (Le Seuil)

Raphaël Quenard, Clamser à Tataouine » (Flammarion)

La double qui a commencé à prendre conscience de son insignifiance. On avait quand même un petit doute : est-ce que Quenard est juste un connard, ou au contraire un mec super intelligent qui surjoue à mort volontairement, baguenaudant avec classe, faisant volontairement dégouliner sa logorrhée verbale (logorrhée, ça ressemble à diarrhée, et y a des raisons pour ça) comme un BHL de la banlieue … Continue reading Raphaël Quenard, Clamser à Tataouine » (Flammarion)

R.F Kuang “Babel” (De Saxus)

La double avec un ressentiment persistant contre le petit homme qu’avait été Napoléon. Ceci n’est pas de la SF. A la fois critique du colonialisme, roman historique, étude ethnologique, grande oeuvre fantastique parcourue de frissons steampunks réjouissants, Babel est tout ca a la fois: une grande tour plein d’étages pleins de belles pièces plein de beaux livres plein de belles phrases et de belles histoires. … Continue reading R.F Kuang “Babel” (De Saxus)

JM Erre “La Loi de la tartine beurrée” (Buchet-Chastel)

La double qui prétend abolir le réel et son flot d’emmerdements. Jean-Marcel Erre est un mec lourd. Non que ça me déplaise foncièrement, tu me connais, fieu, je suis mal placé pour lui faire la leçon. Running gag trébuchant, jeux de mots approximatifs, ça peut vite tourner à l’indigestion, mais rien qu’un bon Gaviscon (très con même) ne puisse soigner. Un couple de psychologues bourrés/barrés … Continue reading JM Erre “La Loi de la tartine beurrée” (Buchet-Chastel)