La double qui n’est pas un ange.

Pas sûr qu’on soit capable de se regouffrer de sitôt un roman de Mathieu Belezi, tant Attaquer la Terre et le Soleil nous a laissé la langue desséchée et le cerveau brûlé par la longue descente aux enfers de ses malheureux protagonistes, colons français de l’Algérie du XIXe siècle sur lesquels vont s’abattre à peu près tous les malheurs du monde. Terre aride, soleil de plomb, maladies mortelles, animaux sauvages et tribus locales pas hyper d’accord avec l’idée de se faire spolier leurs terres, il ne manque que ma belle-mère pour que ce soit la fin du monde pour de bon. En croisant habilement les paroles d’une femme de colon résignée (ou pas tant que ça) et celles d’un soldat anonyme de l’armée de pacification (ça doit être comme ça qu’on dit), Belezi nous délecte autant qu’il nous débecte, et nous laisse épuisés. La marque des grands.
Mathieu Belezi “Attaquer la Terre et le Soleil” (Le Tripode)

