La double qui scelle le sort

Il faut bien l’admettre, si l’auteur de ces lignes n’habitaient pas à Prague, il aurait eu sans doute beaucoup moins de chances de tomber sur ce premier roman traduit en français de Kateřina Tučková, et ça aurait été bien dommage. Ahoj, děkuji, sbohem, peu de traces idiomatiques dans ce livre, mais des réminiscences prégnantes d’un certain esprit morave. Histoire des Sudètes et du post-communisme en Europe centrale, Baba Yaga et croyances slaves, Tučková explore dans ce livre des thèmes puissants de rédemption, de mémoire historique et de la force féminine à travers le prisme des légendes moraves et des vérités cachées. Mention spéciale au style narratif bien troussé de la tchèque, alternant entre les récits des ancêtres et le périple contemporain d’une historienne à la recherche de son passé, créant un dialogue fort entre les époques. Et puis, soyons honnêtes, ça vous évitera de passer pour un idiot uniquement capable de citer Kafka et Kundera à la prochaine discussion autour de la littérature tchèque.
Kateřina Tučková « Les Dernières déesses » (Charleston)

