Raymond Roussel « Locus Solus » (Gallimard)

La double dotée d’une étrange puissance de pénétration

Rating: 3 out of 5.

Locus Solus est un livre culte : pour preuve, sa lecture est ardue, dans le meilleur des cas laborieuse, souvent d’une incommensurable technicité qui rebutera les moins pusillanimes et découragera totalement ceux qui n’ont pas compris au moins un des mots de cette phrase. Mais Locus Solus est aussi un livre culte : quand on s’accroche pour ne pas dévisser entre deux descriptions d’une langueur monotone, quand on parvient à s’immerger totalement dans l’écriture baroque de Roussel, quand on se laisse porter sans trop réfléchir sur les traces de Cantarel, inventeur aussi fictif que fantasque, quand on s’habitue à ne plus chercher la fin des phrases derrière une énième virgule rebondissante, alors cet étrange roman qui n’en est pas un, suite décousue d’étranges saynètes, prend tout à coup de l’épaisseur et se transforme en OLNI (Objet Littéraire Non Identifiable) qu’on ne peut que recommander à son prochain. Et à celui d’après.

Raymond Roussel « Locus Solus » (Gallimard)

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