La double qui a mal enterré sa mère

La meilleure façon d’écrire cette chronique serait sans doute encore d’écrire un livre pour raconter comment j’ai tué un mec qui ressemblait vaguement à l’arabe qui a tué un mec qui ressemblait vaguement au héros de Camus. Faudrait que je fasse bien attention à ne pas lui donner de prénom, histoire de le tuer une seconde fois en le plongeant dans l’anonymat le plus mortifère. Le bouquin pourrait s’appeler « Moussa, contre-enquête », ce serait mon premier roman, j’en vendrais des caisses et je me ferais un nom, j’aurais moi aussi mon petit succès, quoi. Succès mérité d’ailleurs dans le cas de Kamel Daoud, même si on aurait aimé qu’il aille encore plus loin dans la parabole et nous laisse un peu moins sur notre faim.
Kamel Daoud „Meursault, contre-enquête“ (Actes Sud)

