Julien Gracq “Le rivage des Syrtes” (La Pléiade) 

La double qui demeure silencieuse, comme roulée dans le rêve de chagrin de ce colosse perclus

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Bibliothèque de la Pléiade - Julien Gracq, Œuvres complètes

Lire le Désert des Tartares à 15 ans, et le Rivage des Syrtes à 40, pour boucler la boucle. Notez, l’inverse n’est pas forcément impossible, mais là où Buzzati peut se déguster perché sur une branche, l’équilibre est plus fragile quand on s’attaque à Gracq. On a vite fait de s’aventurer un peu trop loin dans les feuillages et de ne plus pouvoir redescendre ensuite, si on ne s’est pas déjà cassé la gueule lamentablement en fin de paragraphe, Gracq, boum, hue, une virgule de trop et on s’empale sur les contreforts acérés d’un vrai récit immobile dont la lenteur n’a d’égale que la profondeur, sur les traces peu mouvantes d’Aldo, jeune chevalier de la République d’Orsenna qui guette la mer dans l’espoir d’y voir un jour apparaître des voiles ennemies, ne serait-ce que pour le sortir enfin de sa torpeur – et de la notre.

Julien Gracq “Le rivage des Syrtes” (La Pléiade

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