La double qui s’embourgeoise face au tragique de l’existence

Si Fabcaro s’avère définitivement aussi drôle (voir plus) en romancier qu’en dessinateur de bd, on avait un petit doute sur les capacités de Joann Sfar a abandonner la forme illustrée pour les affres de la longue phrase bien tournée. Craintes à moitié confirmées, car si on retrouve avec plaisir dans l’Éternel le fond de commerce de Sfar – quelques vampires malheureux et autres joyeusetés faussement enfantines – le reste a un peu du mal à décoller vraiment. Ca flirte avec Volodine sans jamais coucher avec l’inconnu (ou en tout cas pas le premier soir), ça baba-yaga et ca thématise à tout va. Mais sans être foncièrement désagréable, ça ne casse pas trois pattes à un cheval cosaque.
Joann Sfar “L’éternel” (Albin Michel)

