La double qui ne se nommait pas Junek

Autant le dire tout de suite, K est un vrai loser. Déjà, il a un prénom pourri—au point de préférer l’anonymat d’une simple initiale plutôt que d’offrir à ses collègues de la police une occasion en or de se foutre de lui. Pas qu’il ait le temps d’en souffrir trop longtemps : quelques jours après sa première affectation, il échoue à protéger une victime de menace et se fait virer sans ménagement. Qu’est-ce qu’il lui reste ? Une passion dramatiquement geek pour l’histoire tchèque et les églises du centre de Prague qu’il parcourt en long et en large, pas exactement le meilleur moyen de se faire des tonnes de potes. Jusqu’à ce qu’il y rencontre un drôle de chevalier aussi contemporain qu’anachronique, chemise à jabot et mystères à gogo. Milos Urban signe un polar gothique tchèque aussi érudit que troublant, élégamment traduit (comme souvent) par Barbora Faure. Un roman qui flirte parfois un peu trop avec le fantastique, mais qui séduira les amateurs du genre et les promeneurs praguois, ravis de retrouver Nové Město, ce quartier à l’histoire épaisse et aux ruelles pleines de secrets, loin des clichés de Staré Město.
Milos Urban “Sedmikostelí (Les Sept églises)” (Au Diable Vauvert)

