René Daumal « Le Mont Analogue » (Gallimard)

La double de l’école allemande

Rating: 5 out of 5.

Une fois n’est pas coutume, on peut vous raconter la fin. Ou plutôt vous lire la dernière phrase (“Sans elles, une quantité de plantes qui jouent un grand rôle dans la fixation des terrains mouvants…”) sans rien dévoiler. Et pour cause, René Daumal meurt en 1944, tuberculeux, avant d’avoir pu mettre la dernière main à ce “roman d’aventures alpines, non-euclidiennes et symboliquement authentique”. Proche des surréalistes, vraiment très proche, Daumal délivre avec le Mont Analogue un livre aussi inachevé que génialement bancal et soufflant, sorte de quête initiatique au bout du monde partagé par quelques personnages plus farfelus et attachants les uns que les autres.  Définitivement un livre culte. On en veut presque à Edgar Melethy d’avoir eu la superbe idée de s’en emparer pour sortir très récemment “Le grand surplomb : retour au Mont Analogue” que La Fosse aux Ours peut définitivement envoyer par ici s’il leur reste quelques services presse qui ne soient pas encore partis vers le Pacifique Sud, “dans cette sorte de triangle inhabité entre le Chili, la Polynésie et l’Antarctique”. Voyages, voyages.

René Daumal « Le Mont Analogue » (Gallimard)

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