La double amour et destruction

Un cas à part. Approche originale (de la philo vulgarisée sans jamais sombrer dans le simplisme), format audacieux (un mini-essai percutant suivi d’un vrai-faux “livre dont vous êtes le héros”), un narrateur en quête de sens face à la crise écologique qui se lance dans une enquête sur les méthodes et travaux d’artistes contemporains, croisant au passage un mystérieux manuscrit perdu et une société secrète intrigante… Pertinent et persistant, “La grande conspiration affective” aurait tout aussi bien pu s’appeler “La grande inspiration collective”, et on y aurait vu que du feu. L’écriture inclusive peut fatiguer sur la longueur—on en saisit l’intention, mais l’œil bute parfois. Pourtant, difficile d’en tenir rigueur à Romain Noël, qui a le bon goût de ne jamais verser dans le prosélytisme écoqueer forcené. Ce qu’il propose, c’est un thriller théorique haletant, une course-poursuite intellectuelle où les idées fusent avec la grâce d’une amazone lancée au galop.
Romain Noel “La grande conspiration affective” (La Librairie du XXIe siècle, Seuil)

