Kateřina Čupová (d’après Karel Čapek) “R.U.R. Le soulèvement des robots” (Glénat)

La double qui veut être le maître des humains.

Rating: 3.5 out of 5.

Pas forcément évident d’adapter en bande dessinée le texte légendaire de Karel Čapek — légendaire parce que l’écrivain tchèque y invente le terme robot. Robot, du tchèque robotovat, que l’on pourrait très approximativement traduire par “travailler pour son maître” dans sa version originale, avant que le mot ne soit largement galvaudé pour désigner le travail mécanique et ne devienne le fondement ultime d’un pan entier de la science-fiction moderne. Mais revenons à notre mouton : Čupová — Kateřina, de son prénom — jeune animatrice et autrice de bande dessinée tchèque, réalise ici le tour de force de rester fidèle au texte de son idole tout en y imprimant sa propre force. Une force faite de couleurs jaunes, rouges, orangées, qui dérangent fatalement, tout comme la fausse légèreté du récit original, prélude à une fin du monde qui ne saurait tarder — si l’on en croit les spécialistes de l’intelligence artificielle. Mais comme le rappelait Hervé Le Tellec dans l’excellent Contes liquides de Jaime Montestrela: “Les chercheurs de l’Institut d’intelligence artificielle de Zurich ont prouvé que, le jour précis où les machines deviendront plus intelligentes que l’homme, elles auront justement, craignant d’être débranchées, l’intelligence de ne pas se faire remarquer — et c’est pourquoi rien ne prouve que ce jour fatal ne soit pas déjà arrivé.”

CQFD.

Kateřina Čupová (d’après Karel Čapek) “R.U.R. Le soulèvement des robots” (Glénat)

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