La double qui sauvera le genre humain. Faut voir.

“C’est toujours les autres qui meurent” et sa référence flagrante à l’épitaphe de Marcel Duchamp pourraient concourir (et l’emporter sans peine) dans la catégorie “meilleur titre de roman”… s’il n’en était pas éjecté par un autre roman de Vilar, Jean-François : “Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués”.
Mais Vilar, ce n’est pas que des titres fabuleusement elliptiques, c’est aussi une écriture sèche et dangereuse, du polar qui fâche et qui réconcilie avec le polar en même temps. Un poil moins noir que son cadet (de quinze ans quand même), C’est toujours les autres qui meurent est aussi de facture plus classique — enfin, si votre définition du classique va grosso modo de Jean-Bernard Pouy à Manchette.
C’est aussi le premier bouquin de la série à mettre en scène le photographe enquêteur Victor Blainville, entraîné dans une étrange enquête dans un Paris glauque après avoir découvert une photo mystérieuse liée à un ancien militant d’extrême gauche disparu, l’un des thèmes de prédilection de cet auteur trop souvent méconnu.
Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)


