La double qui connait donc Monsieur Uxa

C’est quand même marrant, la faculté des auteurs tchèques à naviguer en permanence aux confins de l’absurde, flottant tout en langueur sur un océan kafkaïen, s’octroyant quelques escales sur un îlot de situations cocasses. Le héros (sic) du Passage ne navigue pas très loin, puisqu’en traversant un jour un de ces passages commerciaux dont est garni l’hypercentre de Prague, il finit par s’y retrouver coincé comme dans une faille spatio-temporelle dont il s’accommode très bien. Le tout baigne dans une atmosphère en clair-obscur très particulière, drolatique et amère à la fois. Une espèce de spleen slave, une douce mélancolie qui ne trouve son équivalent nulle part ailleurs, même pas dans la saudade brésilienne.
Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis


