La double qui arrive enfin quelque part.

C’est marrant quand même, l’éco-anxiété. Ça nous prend à la gorge, ça nous réveille la nuit, on se demande ce que sera demain, on voudrait lire sur le sujet, puis ne plus jamais en entendre parler. On se dit que ça ira, puis que c’est la merde. On regarde son enfant dormir et on pleure, parce qu’on ne peut pas faire autrement.
Ducrozet cristallise un peu tout ça dans son écriture, lui qui a décidé non seulement de lire, mais aussi d’écrire nos angoisses climatiques. Il a l’intelligence de le faire par la fiction, en nous faisant suivre à la trace (carbone) de multiples personnages aux existences fragiles, ballottés par les vents contraires de l’incertitude personnelle.
C’est bien fait. Très bien fait.
Aussi pourrait-on vous conseiller de lire ce livre, et aussi pourrait-on vous conseiller de ne pas le lire. C’est vous qui voyez. Un peu comme avec votre rapport à l’écologie au quotidien.
Pierre Ducrozet “Le Grand Vertige” (Actes Sud)


