Ryū Murakami “Les Bébés de la consigne automatique” (Editions Picquier)

La double qui est morte dans un hôtel de merde sur un vieux lit grinçant en saignant de l’intérieur de la tête sans rien dire.

Rating: 4 out of 5.

Comment ? Haruki Murakami aurait sorti un autre bouquin qui nous aurait complètement échappé, avec en prime un titre hyper débile qu’on aurait eu du mal à oublier ? Point du tout. Car dans la forêt des auteurs japonais, un arbre et un Murakami peuvent en cacher un autre. Meet Murakami — mais Ryū, cette fois —, de seulement trois ans le cadet de son illustre aîné, avec qui il partage d’indéniables talents de conteur, qu’il dissimule comme il peut sous une écriture un poil plus punk et abrasive. Ainsi la fin apocalyptique (dans le fond comme dans la forme, d’ailleurs) des Bébés de la consigne automatique, qui achève nos hésitations à confondre à nouveau les deux Murakami à l’avenir. Si avenir il y a — ce qui ne semble pas représenter l’intégralité de la pensée de ses deux héros : faux frères jumeaux (tiens, comme les deux Murakami), vrais rescapés miraculeux d’un abandon dans une consigne de gare, aux destins aussi contraires qu’entremêlés. Un délice bien saignant.

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