La double qui va maintenant enfin vous enculer.

Aussi juif et gouailleur que le héros de Tout est illuminé, aussi allemand et paumé que le héros de Baiser ou faire des films, aussi fauché et en chute libre que le héros de Fuck Up, Jakob Bronsky arpente les rues de New York avec pour principale occupation de magouiller par-ci par-là pour s’acheter le temps d’écrire un chef-d’œuvre – Le Branleur – qui, à l’instar du fameux bouquin de Joe Gould (Histoire orale de notre temps), ne sortira sans doute jamais. On se marre toutes les deux pages devant une nouvelle trouvaille stylistique, on galère avec Bronsky comme jamais on n’a galéré, et on referme ce livre avec un bon gros sourire aux lèvres. Fuck America, et fuck la tristesse.
Edgar Hilsenrath “Fuck America” (Points)


