Dave Eggers “Une oeuvre déchirante d’un génie renversant” (Balland) 

La double qui présente le caractère inévitable, étant donné la situation avec le frère, d’une émotion presque constante. Derrière le titre qui tabasse sévère, il y a le petit cœur d’un écrivain talentueux qui bat très fort. Ou peut-être même de plusieurs auteurs, tant “Une œuvre déchirante d’un génie renversant” pourrait être le meilleur bouquin de Philippe Roth écrit par Jonathan Safran Foer sur une … Continue reading Dave Eggers “Une oeuvre déchirante d’un génie renversant” (Balland) 

David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

La double qui n’avait pas littéralement dit fraîcheur vespérale. Aussi long qu’un match Isner-Mahut (11h05 en 2010 à Wimbledon, près de 1400 pages ici), aussi puissant qu’un coup droit de Nadal le long de la ligne de coke, aussi subtil qu’un amorti de Federer, aussi haletant et indécis qu’une énième finale Sinner-Alcaraz, aussi fantasque qu’un coup de Monfils entre les jambes, L’Infinie Comédie parle donc … Continue reading David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

La double qui joue à domicile. Des ruelles de Rome qu’il parcourt avec son pote de remplacement (il s’est fait larguer par texto la veille du départ) aux travées du célèbre stade des Bohemians de Prague (dont j’aperçois d’ailleurs le toit par la fenêtre en écrivant ces lignes), Jiří Franta nous narre les aventures d’un jeune trentenaire tchèque sur le point de commettre l’irréparable : … Continue reading Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

Thomas D.Lee “Royaume en péril” (Christian Bourgeois)

La double où Lancelot dit merde, de nouveau. S’il y a un royaume qui n’est pas en péril ces temps-ci, c’est bien celui de la littérature fantastique, portée ces dernières années par un nouveau souffle grâce (ou à cause ?) au réchauffement climatique et à ses implications. À l’instar de Sandrine Collette, Thomas D. Lee en fait un personnage central de son œuvre, aux côtés … Continue reading Thomas D.Lee “Royaume en péril” (Christian Bourgeois)

Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

La double qui démontre la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question. Lire Ursula Le Guin à 20 ans, c’est se prendre une grosse claque dans sa petite tête de jeune lecteur de littérature fantastique ; la relire vingt ans plus tard, après avoir engrangé dans la même petite tête des dizaines de milliers de pages supplémentaires, c’est mesurer l’influence improbable qu’a … Continue reading Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

Claverie / Tenaud “Croix de bois, croix de fer” (Wonderbooks)

La double qui Lũ ngốc! Cút khỏi đây! Cậu đang làm gì? Anh ấy sợ đấy! Tout est pastel chez Claverie et Tenaud : les couleurs du premier comme les mots du second, qui nous narre ici, avec une certaine délicatesse, les émois de l’enfance — entre des parents qui se déchirent et les petites brutes de l’école, qui font nettement moins les malins quand … Continue reading Claverie / Tenaud “Croix de bois, croix de fer” (Wonderbooks)

Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

La double qui a le souffle coupé quand elle parcourt à grand fracas l’indicateur des chemins de fer. Prem’s. Premier, d’abord (bien longtemps avant Huxley et Orwell), à avoir créé un monde parfait, si parfait qu’il ne tarde pas à se craqueler dans tous les sens alors que les Numéros qui le peuplent commencent à sentir des fourmis dans les jambes. En revanche, comme Dostoïevski … Continue reading Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

Edgar Hilsenrath “Fuck America” (Points)

La double qui va maintenant enfin vous enculer. Aussi juif et gouailleur que le héros de Tout est illuminé, aussi allemand et paumé que le héros de Baiser ou faire des films, aussi fauché et en chute libre que le héros de Fuck Up, Jakob Bronsky arpente les rues de New York avec pour principale occupation de magouiller par-ci par-là pour s’acheter le temps d’écrire … Continue reading Edgar Hilsenrath “Fuck America” (Points)

Martin Mongin “Le livre des comptes” (Editions Tusitala)

La double qui va enfin pouvoir souffler un peu. Bien plus linéaire que l’ébouriffant Francis Rissin, plus capillotracté que le fantasque Chomor dont on ne s’est toujours pas remis, le nouveau Martin Mongin est un peu en deçà de nos espérances, mais il faut dire qu’on avait placé la barre drôlement haut. Comme toujours chez Mongin, inutile d’espérer résumer l’intrigue, sachez juste qu’il y est … Continue reading Martin Mongin “Le livre des comptes” (Editions Tusitala)