Chris Kraus “Baiser ou faire des films” (Belfond)

La double qui doit se trouver des amis qui la détestent Si on est surtout venu à ce bouquin de Chris Kraus pour son titre parfaitement foutraque, on y reste (et bien accroché) grâce à la verve et au style incomparable de l’auteur américain. Non content d’être le presque-parfait homonyme du duo hip-hop le plus sous-estimé des nineties, Chris Kraus jumpe à deux pieds dans … Continue reading Chris Kraus “Baiser ou faire des films” (Belfond)

Pierre Ducrozet “Le Grand Vertige” (Actes Sud)

La double qui arrive enfin quelque part. C’est marrant quand même, l’éco-anxiété. Ça nous prend à la gorge, ça nous réveille la nuit, on se demande ce que sera demain, on voudrait lire sur le sujet, puis ne plus jamais en entendre parler. On se dit que ça ira, puis que c’est la merde. On regarde son enfant dormir et on pleure, parce qu’on ne … Continue reading Pierre Ducrozet “Le Grand Vertige” (Actes Sud)

Maurice Dekobra “La madone des sleepings” (Zulma)

La double qui se demande par où l’on entre dans le subconscient. Belle pépite que ce roman (fatalement) culte du grand reporter Maurice Dekobra, paru originellement en 1926 aux Éditions Baudinière, avant que Zulma n’en retrouve les droits pour notre plus grand plaisir. La madone en question ? Une duchesse déchue, une lady pas laide, une veuve blanche qui embauche, comme secrétaire très particulier, le … Continue reading Maurice Dekobra “La madone des sleepings” (Zulma)

Carole Martinez “Dors ton sommeil de brute” (Gallimard)

La double qui est une énergie, un mouvement vif, un sursaut. Titre qui fracasse, pitch qui tabasse: une nuit, tous les enfants du monde s’éveillent à la même heure et poussent un long cri glaçant de plusieurs minutes. Boum. Dès le point de départ, Carole Martinez installe un malaise qui ne nous lâchera plus. Pas d’explication, pas de solution immédiate. Juste une certitude : quelque … Continue reading Carole Martinez “Dors ton sommeil de brute” (Gallimard)

Jean-Baptiste Del Amo “Le Fils de l’homme” (Gallimard)

La double qui trinque à notre nouveau départ. Comme Sandrine Collette, Del Amo a ce talent incroyable pour l’écriture râpeuse qui sent la poussière. Quand l’homme parle, on sent le passé chargé à la moindre virgule qui hésite à descendre la pente raide que le fils de l’homme tente de remonter, emmené avec sa mère dans cette vieille bâtisse retirée de tout : de la … Continue reading Jean-Baptiste Del Amo “Le Fils de l’homme” (Gallimard)

Lucie Lomová “Anna en cavale” (Éditions de l’An 2)

La double qui ensuite a du choisir Tout n’est pas beaucoup plus rose dans la Tchéquie d’après la chute du Mur, qui s’est mangée de plein fouet le capitalisme sauvage sans s’être totalement débarrassée de ses vieux démons soviétiques. En l’occurrence, une bande de mafieux russes qui se sont mis en tête de dézinguer Alan, témoin gênant et Américain en goguette, bientôt en cavale en … Continue reading Lucie Lomová “Anna en cavale” (Éditions de l’An 2)

Hervé Le Tellier “Contes liquides de Jaime Montestrela” (Gallimard)

La double qui a démontré qu’une personne sur trois est paranoïaque, mais aussi que les deux autres la surveillent étroitement. « Le jour où Erwin Schrödinger amena son chat chez le vétérinaire pour une consultation, ce dernier lui déclara qu’il avait une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle pour lui. » Voilà. Pour une fois, on ne va pas s’emmerder à écrire une chronique d’un … Continue reading Hervé Le Tellier “Contes liquides de Jaime Montestrela” (Gallimard)

Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

La double où c’est le plus barbare qui gagne. Double niveau de lecture : Les Voyages du Fils peut se lire indépendamment du reste de l’œuvre de Jacques Abeille, auquel cas il demeurera un très beau roman initiatique, qui ne souffrira pas de la comparaison avec son aîné, le somptueux et culte Jardins statuaires, avec qui il partage une certaine langueur délicieuse. On peut aussi … Continue reading Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

Nicolas de Crécy, Monsieur Fruit (Futuropolis)

La double qui a décidé que tu serais notre mercenaire fructivore. Monsieur Fruit, ou plutôt Monsieur Super Fruit, comme on devrait désormais appeler l’ex-célèbre reporter Clarke Quinte depuis sa rencontre avec un légume parlant super moche, qui lui a confié des super pouvoirs super bios (il peut retirer le glucose du corps de ses ennemis et les faire tomber d’inanition, entre autres idioties) et une … Continue reading Nicolas de Crécy, Monsieur Fruit (Futuropolis)