Gou Tanabe, d’après Lovecraft “La couleur tombée du ciel” (Ki-oon)

La double qui tombe du ciel. Je suis pas très bon en maths, mais un génie + un génie, ça doit faire deux génies. Depuis qu’il a pris l’engagement moral de revisiter l’intégrale de Lovecraft en version manga (dont Les Montagnes hallucinées, deux tomes proprement hallucinants), le Japonais Gou Tanabe explose tous les canons du genre avec la rigueur d’un scientifique d’Arkham. Il réussit ici … Continue reading Gou Tanabe, d’après Lovecraft “La couleur tombée du ciel” (Ki-oon)

Alain Damasio “La Horde du Contrevent” (La Volte)

La double qui te pousse dans le chrone et après je devine. Est-ce pour le style inimitable de Damasio, seul capable de redonner ses lettres de noblesse à la SF, loin des canons immuables du genre ? Est-ce cette inventivité constante dans la mise en page, la typocaligraphie et le néologisme néologique ? Ou simplement la fantaisie pure de cette œuvre de fantasy pour ceux … Continue reading Alain Damasio “La Horde du Contrevent” (La Volte)

Donna Tartt “Le Maître des illusions” (Pocket)

La double qui n’était jamais monté en barque de sa vie.  Sans mauvais jeu de mot (tu me connais, fieu), on rentre vraiment dans Donna Tartt comme dans du gâteau. Et quand on y est, on y reste, tandis que s’effritent nos dernières réticences à considérer le Maître des Illusions comme un roman culte dans le sens le plus noble du terme. Cinquante pages plus … Continue reading Donna Tartt “Le Maître des illusions” (Pocket)

Karel Capek “R.U.R” (Editions de L’Aube)

La double dont la nature s’est détournée parce que nous avons créé les robots. Aussi drôle et encore plus barré que l’hilarant Guerre des Salamandres, ce R.U.R (pour Rossumovi Univerzální Roboti, qu’on ne devrait presque pas avoir à vous traduire) est un monument théâtral à la découpe aussi inégale que percutante, à l’écriture aussi vivace que moderne. Trop souvent réduit à l’état de réponse Trivial … Continue reading Karel Capek “R.U.R” (Editions de L’Aube)

David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

La double qui n’avait pas littéralement dit fraîcheur vespérale. Aussi long qu’un match Isner-Mahut (11h05 en 2010 à Wimbledon, près de 1400 pages ici), aussi puissant qu’un coup droit de Nadal le long de la ligne de coke, aussi subtil qu’un amorti de Federer, aussi haletant et indécis qu’une énième finale Sinner-Alcaraz, aussi fantasque qu’un coup de Monfils entre les jambes, L’Infinie Comédie parle donc … Continue reading David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

La double qui démontre la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question. Lire Ursula Le Guin à 20 ans, c’est se prendre une grosse claque dans sa petite tête de jeune lecteur de littérature fantastique ; la relire vingt ans plus tard, après avoir engrangé dans la même petite tête des dizaines de milliers de pages supplémentaires, c’est mesurer l’influence improbable qu’a … Continue reading Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

La double qui préfère être jugée par douze que portée par six. Le Seigneur des porcheries, c’est la destinée qui frappe à la porte de l’auge à cochons. Celle qui amène un jeune punk de 20 ans à quitter la Pennsylvanie pour aller jouer de la guitare dans les bars parisiens tout en écrivant ce qui allait devenir un roman culte, qui ne serait jamais … Continue reading Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

Annie Ernox

Jerome K. Jerome “Trois hommes dans un bateau – sans parler du chien”(Flammarion)

La double qui n’a juste pas d’inflammation du genou Qu’est-ce que c’est, trente ans ? À part le temps qu’il nous a fallu pour comprendre que Jerome K. Jerome n’était pas qu’un personnage de Dodier. Il a fallu la lecture de Sans parler du chien de la grande papesse SF Connie Willis pour faire la connexion avec l’autre Jerome K. Jerome, pas l’abruti de détective … Continue reading Jerome K. Jerome “Trois hommes dans un bateau – sans parler du chien”(Flammarion)

René Daumal « Le Mont Analogue » (Gallimard)

La double de l’école allemande Une fois n’est pas coutume, on peut vous raconter la fin. Ou plutôt vous lire la dernière phrase (“Sans elles, une quantité de plantes qui jouent un grand rôle dans la fixation des terrains mouvants…”) sans rien dévoiler. Et pour cause, René Daumal meurt en 1944, tuberculeux, avant d’avoir pu mettre la dernière main à ce “roman d’aventures alpines, non-euclidiennes … Continue reading René Daumal « Le Mont Analogue » (Gallimard)