Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)

La double qui pense que les jeunes se remettent à écouter des CD. Et si on tenait là le roman de la maturité pour FabCaro ? Ça commence à la caisse d’un supermarché (comme le fantastique Zaï Zaï Zaï Zaï), ça part vite en sucette aux frontières du surnaturel et de la folie pure (comme dans l’excellent Figurec), c’est parsemé de saillies verbales et de … Continue reading Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)

Pierre Ducrozet “Le Grand Vertige” (Actes Sud)

La double qui arrive enfin quelque part. C’est marrant quand même, l’éco-anxiété. Ça nous prend à la gorge, ça nous réveille la nuit, on se demande ce que sera demain, on voudrait lire sur le sujet, puis ne plus jamais en entendre parler. On se dit que ça ira, puis que c’est la merde. On regarde son enfant dormir et on pleure, parce qu’on ne … Continue reading Pierre Ducrozet “Le Grand Vertige” (Actes Sud)

Maurice Dekobra “La madone des sleepings” (Zulma)

La double qui se demande par où l’on entre dans le subconscient. Belle pépite que ce roman (fatalement) culte du grand reporter Maurice Dekobra, paru originellement en 1926 aux Éditions Baudinière, avant que Zulma n’en retrouve les droits pour notre plus grand plaisir. La madone en question ? Une duchesse déchue, une lady pas laide, une veuve blanche qui embauche, comme secrétaire très particulier, le … Continue reading Maurice Dekobra “La madone des sleepings” (Zulma)

Carole Martinez “Dors ton sommeil de brute” (Gallimard)

La double qui est une énergie, un mouvement vif, un sursaut. Titre qui fracasse, pitch qui tabasse: une nuit, tous les enfants du monde s’éveillent à la même heure et poussent un long cri glaçant de plusieurs minutes. Boum. Dès le point de départ, Carole Martinez installe un malaise qui ne nous lâchera plus. Pas d’explication, pas de solution immédiate. Juste une certitude : quelque … Continue reading Carole Martinez “Dors ton sommeil de brute” (Gallimard)

Jean-Baptiste Del Amo “Le Fils de l’homme” (Gallimard)

La double qui trinque à notre nouveau départ. Comme Sandrine Collette, Del Amo a ce talent incroyable pour l’écriture râpeuse qui sent la poussière. Quand l’homme parle, on sent le passé chargé à la moindre virgule qui hésite à descendre la pente raide que le fils de l’homme tente de remonter, emmené avec sa mère dans cette vieille bâtisse retirée de tout : de la … Continue reading Jean-Baptiste Del Amo “Le Fils de l’homme” (Gallimard)

Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

La double où c’est le plus barbare qui gagne. Double niveau de lecture : Les Voyages du Fils peut se lire indépendamment du reste de l’œuvre de Jacques Abeille, auquel cas il demeurera un très beau roman initiatique, qui ne souffrira pas de la comparaison avec son aîné, le somptueux et culte Jardins statuaires, avec qui il partage une certaine langueur délicieuse. On peut aussi … Continue reading Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

La double qui fait une matrice SWOT Ça partait pourtant plutôt bien. Une autrice en vogue, tout juste auréolée d’une place en finale du prix Médicis, pour finalement se voir octroyer le Prix du Premier Roman (pour Mon Mari en 2021), et un pitch de départ plutôt gouleyant : une star de la musique part s’isoler sur une île déserte pour échapper aux paparazzis. 50 … Continue reading Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

La double qui sauvera le genre humain. Faut voir.  “C’est toujours les autres qui meurent” et sa référence flagrante à l’épitaphe de Marcel Duchamp pourraient concourir (et l’emporter sans peine) dans la catégorie “meilleur titre de roman”… s’il n’en était pas éjecté par un autre roman de Vilar, Jean-François : “Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués”. Mais Vilar, ce n’est pas que des … Continue reading Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)

La double qui nous fait sentir la morsure du froid. Si “Les Âmes grises” demeure LE livre par lequel il faut absolument commencer à lire Claudel, c’est sans doute parce qu’il s’en dégage toute la quintessence (vérifiez, ce n’est pas un gros mot, au contraire de “sac à merde” ou “homme politique”) du style de l’auteur mosellan, à l’image de la campagne du pays qui … Continue reading Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)