Julien Gracq “Le rivage des Syrtes” (La Pléiade) 

La double qui demeure silencieuse, comme roulée dans le rêve de chagrin de ce colosse perclus Lire le Désert des Tartares à 15 ans, et le Rivage des Syrtes à 40, pour boucler la boucle. Notez, l’inverse n’est pas forcément impossible, mais là où Buzzati peut se déguster perché sur une branche, l’équilibre est plus fragile quand on s’attaque à Gracq. On a vite fait … Continue reading Julien Gracq “Le rivage des Syrtes” (La Pléiade) 

Yannick Grannec « Le bal mécanique »

Yannick Grannec « Le bal mécanique » (Anne Carrière)

La double indigente due à galeriste affameur Bien huilée, la mécanique de Grannec, qui nous promène avec dextérité sur cinquante ans d’histoires pour y trouver la Klee du mystère. Du bal costumé donné par le Bauhaus à Dessau en 1929 au Chicago de nos jours, les pièces de l’engrenage tournent au poil. La partie moderne, un peu forcée, s’avère moins réussie que la plongée dans … Continue reading Yannick Grannec « Le bal mécanique » (Anne Carrière)

Iain Levison - Un voisin trop discret

Iain Levison « Un voisin trop discret » (Levi)

La double qui a trouvé le moyen de mourir en jouant au foot Iain Levison, un auteur trop discret ? Le Guy Ritchie du polar américain – comprenez, le mec qui écrit des polars pour ceux qui n’aiment pas vraiment le polar – a réussi l’exploit insensé de passer sous les radars toutes ces années, alors qu’il est sans doute un des auteurs les plus truculents … Continue reading Iain Levison « Un voisin trop discret » (Levi)

Marcus Malte « Qui se souviendra de Phily-Jo » (Zulma)

La double qui se divise sur la peine de mort Moi, Marcus, moi je m’en souviendrais toute ma vie. Faut dire qu’elle n’est pas facile à oublier, cette histoire de machine qui produirait de l’énergie gratos, le genre de trucs à défriser sérieusement deux ou trois lobbys hyper puissants. Mais c’est dangereux ton truc, Marcus, tu vas nous attirer des emmerdes. A moins que l’on … Continue reading Marcus Malte « Qui se souviendra de Phily-Jo » (Zulma)

Jean-Philippe Blondel « 6 :41 » (Buchet Chastel)

La double qui au moins a eu le bac Je ne sais pas ce que vous faites, vous, à 6h41. Pour ma part, je suis certainement en train d’expliquer à mon gamin que, oui, il y a une grosse différence entre 6h41 et 7h41, et que non, je ne veux pas jouer à la bagarre, et que non, je n’ai pas la moindre idée de … Continue reading Jean-Philippe Blondel « 6 :41 » (Buchet Chastel)

Kamel Daoud „Meursault, contre-enquête“ (Actes Sud)

La double qui a mal enterré sa mère La meilleure façon d’écrire cette chronique serait sans doute encore d’écrire un livre pour raconter comment j’ai tué un mec qui ressemblait vaguement à l’arabe qui a tué un mec qui ressemblait vaguement au héros de Camus. Faudrait que je fasse bien attention à ne pas lui donner de prénom, histoire de le tuer une seconde fois … Continue reading Kamel Daoud „Meursault, contre-enquête“ (Actes Sud)

Jean Teulé “Mangez-le si vous voulez” (Julliard)

La double qui crie “Vive l’empereur” Un très court roman du regretté Jean Teulé, et peut-être un de ses meilleures avec « Azincourt par temps de pluie ». Ou comment, à l’aube d’une nouvelle guerre contre la Prusse, un jeune et gentil nobliau se rend à la foire du village voisin, et n’en reviendra jamais. C’est direct, bien amené, (parfois trop) détaillé, et garni d’une tension palpable … Continue reading Jean Teulé “Mangez-le si vous voulez” (Julliard)

Kateřina Tučková « Les Dernières déesses » (Charleston)

La double qui scelle le sort Il faut bien l’admettre, si l’auteur de ces lignes n’habitaient pas à Prague, il aurait eu sans doute beaucoup moins de chances de tomber sur ce premier roman traduit en français de Kateřina Tučková, et ça aurait été bien dommage. Ahoj, děkuji, sbohem, peu de traces idiomatiques dans ce livre, mais des réminiscences prégnantes d’un certain esprit morave. Histoire … Continue reading Kateřina Tučková « Les Dernières déesses » (Charleston)

Maurice Leblanc « Arsène Lupin – Les intégrales » (Le Masque)

La double qui commence les suppositions Info de première bourre : ce recueil ne fait à aucun moment mention d’Omar Sy. Sy on peut regretter de manière totalement anachronique le manque d’à-propos marketing des éditions du Masque, on n’ira pas pour autant s’en plaindre tant la version relookée et bankable du célèbre gentleman cambrioleur ne rend pas justice à l’original. « Omar m’a tuer » serait d’ailleurs un … Continue reading Maurice Leblanc « Arsène Lupin – Les intégrales » (Le Masque)