Arto Paasilinna “Un homme heureux” (Denoel)

La double qui voyageait en compagnie d’un authentique lièvre finlandais.  Pour ceux qui auraient un peu trop tendance à ramener Paasilinna à son Lièvre de Vatanen, Un Homme heureux est la piqûre de rappel idéale pour se souvenir que le Finlandais est décidément un conteur incroyable, capable de faire passer un souffle épique dans la moindre petite historiette de rien du tout : ici, la … Continue reading Arto Paasilinna “Un homme heureux” (Denoel)

Jonathan Coe “Le Royaume Désuni” (Gallimard)

La double qui avait à peu près 200 rouleaux de PQ dans sa voiture. Y’a des mecs comme ça qui existent. A rendre jaloux le plus talentueux des gratte-papiers qui hantent laborieusement les couloirs des maisons d’édition. Des mecs comme Jonathan Coe pour qui il semble facile d’écrire tout simplement des belles histoires sans en faire des caisses dans le style. Le fond (5 générations … Continue reading Jonathan Coe “Le Royaume Désuni” (Gallimard)

Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

La double qui joue à domicile. Des ruelles de Rome qu’il parcourt avec son pote de remplacement (il s’est fait larguer par texto la veille du départ) aux travées du célèbre stade des Bohemians de Prague (dont j’aperçois d’ailleurs le toit par la fenêtre en écrivant ces lignes), Jiří Franta nous narre les aventures d’un jeune trentenaire tchèque sur le point de commettre l’irréparable : … Continue reading Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

Edgar Hilsenrath “Fuck America” (Points)

La double qui va maintenant enfin vous enculer. Aussi juif et gouailleur que le héros de Tout est illuminé, aussi allemand et paumé que le héros de Baiser ou faire des films, aussi fauché et en chute libre que le héros de Fuck Up, Jakob Bronsky arpente les rues de New York avec pour principale occupation de magouiller par-ci par-là pour s’acheter le temps d’écrire … Continue reading Edgar Hilsenrath “Fuck America” (Points)

Luz “Testosterror” (Albin Michel)

La double qui m’a toujours dit que, dans la vie, il faut sortir la boîte à couilles. Pour traiter d’un sujet aussi casse-gueule que la virilité, il fallait bien un Luz de compet’, anti-beauf par excellence. Une fois n’est pas coutume pour cet adepte de l’autofiction plus ou moins fictionnelle (rappelez-vous du fantastique Indélébiles), le dessinateur de Charlie Hebdo nous pond ici un petit morceau … Continue reading Luz “Testosterror” (Albin Michel)

Zdeněk Jirotka “Saturnin” (Karolinum)

La double par qui un malheur arrive si vite qu’il n’arrive jamais seul. Jirotka, le FabCaro de la Vltava ! Soit l’un de ces auteurs capables de nous faire esclaffer tout seuls dans notre lit, tant son écriture, d’apparence simpliste, est traversée de fulgurances aussi absurdes qu’hilarantes — à l’image du personnage principal de ce roman délicieusement suranné, paru à une époque où l’on savait … Continue reading Zdeněk Jirotka “Saturnin” (Karolinum)

Chris Kraus “Baiser ou faire des films” (Belfond)

La double qui doit se trouver des amis qui la détestent Si on est surtout venu à ce bouquin de Chris Kraus pour son titre parfaitement foutraque, on y reste (et bien accroché) grâce à la verve et au style incomparable de l’auteur américain. Non content d’être le presque-parfait homonyme du duo hip-hop le plus sous-estimé des nineties, Chris Kraus jumpe à deux pieds dans … Continue reading Chris Kraus “Baiser ou faire des films” (Belfond)

Eric Neuhoff “Un bien fou” (Albin Michel)

La double qui avait beaucoup de blancs entre nos phrases. Ce qui est fou, c’est surtout le nombre de bouquins à avoir gagné un prix littéraire sans être foncièrement bons ou mauvais, juste oubliables. Pas spécialement enlevé, mais c’est le style de Neuhoff, tout en platitude exacerbée. Pas spécialement intéressant non plus, malgré une bonne idée de départ : un mec se fait piquer sa … Continue reading Eric Neuhoff “Un bien fou” (Albin Michel)

René-Victor Pilhes “L'imprécateur” (Editions Seuil)

René-Victor Pilhes “L’imprécateur” (Editions Seuil)

La double qui pardonne aux cadres qui traversent aux heures ouvrables les vastes cimetières  Joliment désuet, tout aussi joliment troussé et doté d’une structure en spirale qui vous syphonne l’attention, cette pierre angulaire dans l’oeuvre du regretté René-Victor Pilhes (disparu en 2021) est un objet bancal, pas banal, en équilibre instable entre le thriller économique, la farce sociale et le roman fantastique. Écrit à la … Continue reading René-Victor Pilhes “L’imprécateur” (Editions Seuil)