Emily Saint-John Mandel “La mer de la tranquillité” (Payot & Rivages)

La double qui vient de Colonie Deux.

Rating: 3.5 out of 5.

Bien moins poétique que son chef-d’œuvre Station Eleven, Emily St. John Mandel adopte avec La mer de la tranquillité un style plus nerveux, qui rappelle davantage l’écriture haletante d’une Connie Willis. Exit le post-apocalyptique : cette fois, elle s’attaque au voyage dans le temps, prouvant au passage que Willis n’en détient pas le monopole—même si elle a encore du chemin à parcourir pour atteindre le niveau des Oxford Time Travel Series, de Sans parler du chien à All Clear en passant par Le Passage.

Mais là où Mandel se distingue de son illustre aînée, c’est par son style inimitable. Ses personnages, minutieusement sculptés, gagnent en épaisseur à chaque réécriture, à la manière d’un diamant brut poli encore et encore, jusqu’à révéler tout son éclat. Quitte à expédier l’intrigue (intéressante mais pas inoubliable : un jeune homme du début du XXe siècle entend un son mystérieux dans une forêt canadienne, écho lointain d’une anomalie temporelle qui traversera siècles et galaxies, mêlant enquête scientifique et destinées entrelacées) en 30 pages, pour mieux installer une atmosphère unique et asseoir sa place aux côtés de Mary Robinette Kowal, dans le trio de tête des autrices de SF qui comptent.

Emily Saint-John Mandel “La mer de la tranquillité” (Payot & Rivages)

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