Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

La double qui paraît que c’est à cause de la religion, qu’ils disent.

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Après dix ans en Tchéquie, s’il y a bien une chose que chacun sait, c’est que — tout sympathiques qu’ils soient dans le fond — les Tchèques n’ont pas forcément inventé la jovialité. Ce qui ne les a pas empêchés, bien au contraire, de développer un humour national assez particulier, corrosif et plutôt loufoque, fait de non-dits et d’absurdité, tout à fait à l’image de l’écriture de Karel Čapek. Quelques années avant son fantastique Guerre des Salamandres, il faisait faire à un ingénieur français la découverte d’un étrange procédé capable de fournir une énergie quasi illimitée avec un seul seau de charbon. Seul hic : cette énergie s’avère d’origine divine, et tous ceux qui s’approchent de la machine sont immédiatement touchés par la grâce, délaissant le capitalisme sauvage pour une envie irrépressible d’en découdre avec ceux qui prétendent avoir une meilleure relation avec Dieu qu’eux. Et Karel Čapek, non content d’avoir créé le mot “robot” (dans sa pièce de théâtre R.U.R.), inventait aussi la guerre de religion au nom du progrès. Ben voyons.

Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

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