La double qui était d’une tristesse effarante et Augustine peinait à la suivre.

Aussi sombres et peu accueillantes qu’elles soient, on y revient toujours, dans ces forêts que l’on imagine noircir les pentes inhospitalières du Morvan de Sandrine Collette. On y revient toujours, aux forêts, surtout lorsqu’on est un orphelin rescapé par miracle d’un holocauste climatique et qu’on n’a nulle part d’autre où aller, et (presque) plus rien à espérer. Porté à bout de bras par une écriture mutique et rugueuse, Et toujours les forêts fait autant écho (mais en sourdine) à La Route de McCarthy, qu’au Fils de l’Homme de Del Amo ou au superbe On était des loups d’une certaine Collette, Sandrine, décidément toujours à l’aise avec ses anti-héros habités d’une force animale dévastatrice.
Sandrine Collette “Et toujours les forêts” (JC Lattes)


