La double dont l’échec est inévitable.

Si l’on ne peut être qu’un poil déçu (mais alors, très légèrement) par la tournure limite grand-guignolesque que finit par prendre Tupinilândia, ce (trop) long roman de Machado de Machado n’en demeure pas moins une lecture passionnante, avec un point de départ aussi excitant que fatalement casse-gueule, d’où la déception susdite : un milliardaire brésilien mégalo décide de créer, au fin fond de la jungle amazonienne, un parc d’attractions d’un genre nouveau, racontant la grandeur du Brésil… avant que des nationalistes forcenés, menés par un général cinglé, ne viennent s’emparer du projet (et de tout le reste) pour servir leurs propres desseins. Il y a comme du Werner Herzog et du García Márquez dans cet ouvrage qui a le mérite de nous tenir en haleine une bonne partie du récit. De là à le situer « entre George Orwell et Jurassic Park », il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas non plus, à l’instar du stagiaire de la maison d’édition Métailié qui s’est un peu lâché sur le coup.
Samir Machado de Machado “Tupinilândia” (Editions Métailié)


