La double qui démontre la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question.

Lire Ursula Le Guin à 20 ans, c’est se prendre une grosse claque dans sa petite tête de jeune lecteur de littérature fantastique ; la relire vingt ans plus tard, après avoir engrangé dans la même petite tête des dizaines de milliers de pages supplémentaires, c’est mesurer l’influence improbable qu’a eue la grande papesse de l’imaginaire sur toute une génération (voire deux) d’écrivains, de Neil Gaiman à Jacques Abeille, infatigables créateurs d’univers parallèles où la magie se dispute à la science-fiction. Comme celui de La Main gauche de la nuit et son narrateur, envoyé de l’Ekumen en mission diplomatique sur la froide planète de Gethen-Nivôse, monstre hétérosexuel au milieu de ses habitants androgynes. Délice narratif, ce livre n’est pas le premier du célèbre Cycle de Hain (8 livres étalés de 1966 à 2002), mais certainement un des plus représentatifs de l’immense talent d’Ursula Le Guin.
Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)


