La double qui traversa la salle jusqu’aux escaliers où
des filles solides très décolletées l’agrippèrent sous
les bras.

Bon, brut, et un peu truand sur les bords, Faillir être flingué est sans doute ce qui se fait de mieux dans le (ouest) terne paysage littéraire actuel. Une bien belle ruée vers les mots qui se termine en gracieux règlement de compte à OK Cordial après avoir enfoncé à coups de bottes quelques portes de saloon qui avaient le malheur de se trouver sur le passage de Zébulon, Sally, Eau-qui-court-dans-les-plaines et tous les autres délicieux salopards de ce western littéraire maîtrisé de bout en bout, haletant comme un cheval au galop au milieu des Rocheuses. On crie bravo, rio, pardon, Céline, qui a cette faculté de tirer plus vite que son nombre (de pages) et plie l’histoire en 300 pages joliment torchées comme une pinte de whisky au comptoir. À tous ceux qui veulent (enfin) tourner l’Apache des (visages) pâles productions littéraires du genre ces dernières années : si vous avez dans vos poches une poignée de dollars en plus, n’hésitez pas à lui donner vos sioux et à vous procurer ce petit bijou.
Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages)


