La double qui sort avec n’importe qui.

Ce serait même plutôt les couilles sur la table, si l’on en croit ces quelques vers pris au hasard:
Bien, ma chère petite, on va chez moi
T’es mon rêve
Ouais, j’ai dit chez moi
Ferme ta gueule pour un instant
Il vous en faut plus pour vous convaincre ? Publié dans l’effervescence des années 60, Ivan Wernisch réussit le tour de force de tromper un instant la surveillance du régime communiste, qui apparemment lui en touchait une sans faire bouger l’autre. Mais un instant seulement, jusqu’à ce qu’un censeur tombe de sa chaise devant la succulente trivialité de sa poésie du quotidien, absurde et touchante, provocatrice et sensible.
Pour qui maîtrise la langue tchèque, la version originale est encore plus dévastatrice, mais on doit souligner l’excellent travail de traduction opéré par Virginie Béjot, tout en souplesse et en maîtrise.
Alors ferme ta gueule pour un instant, et lis.
Ivan Wernisch “La tête sur la table” – Traduit du tchèque par Virginie Béjot (Literární Kabinet)

