La double qui avait à peu près 200 rouleaux de PQ dans sa voiture.

Y’a des mecs comme ça qui existent. A rendre jaloux le plus talentueux des gratte-papiers qui hantent laborieusement les couloirs des maisons d’édition. Des mecs comme Jonathan Coe pour qui il semble facile d’écrire tout simplement des belles histoires sans en faire des caisses dans le style. Le fond (5 générations d’Anglais aussi anglais que possibles) et la forme (une écriture sautillante, guillerette, simple mais jamais simpliste), un brin d’humour british (ca va bien au-delà du titre un peu facile, rassurez-vous), dans la lignée de son magnifique Testament à l’anglaise et avant de dévier malicieusement vers le polar satirique avec l’excellent Preuves de mon innocence, Coe délivre avec Le Royaume Désuni un petit bijou de roman chorale qui se dévore comme un bon pudding bien gras.
Jonathan Coe “Le Royaume Désuni” (Gallimard)


