La double qui te pousse dans le chrone et après je devine.

Est-ce pour le style inimitable de Damasio, seul capable de redonner ses lettres de noblesse à la SF, loin des canons immuables du genre ? Est-ce cette inventivité constante dans la mise en page, la typocaligraphie et le néologisme néologique ? Ou simplement la fantaisie pure de cette œuvre de fantasy pour ceux qui n’aiment pas la fantasy, avec ses personnages ultra fouillés et attachants, et son scénario incroyable en forme de quête initiatique que l’on regarde se dérouler sous nos yeux ébahis, pas à pas, épaule contre épaule, au milieu du pack qui lutte contre les vents incessants qui balaient cette mystérieuse contrée ? Tant de choses peuvent expliquer le statut d’œuvre culte de cette Horde du Contrevent, conte moderne et suranné au souffle épique et à la puissance visuelle incroyable, qui en font un candidat idéal à une adaptation cinématographique (lancée il y a 15 ans et abandonnée depuis) ou en jeu vidéo (une démo étudiante en 2016, plus rien depuis, las). En attendant qu’un projet se concrétise enfin par miracle de notre vivant, il ne nous reste plus qu’à relire le chef-d’œuvre de Damasio pour la vingtième fois en autant d’années depuis sa publication.
Alain Damasio “La Horde du Contrevent” (La Volte)


