Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

La double qui ne nous est bizarrement pas si étrangère. Roman gigogne et roman-fleuve, roman protéiforme et roman kaléidoscopique, La Cité des nuages et des oiseaux est un véritable chef-d’œuvre. Point. De la petite orpheline du Constantinople de 1453 à Konstance, qui fuit la Terre dévastée du XXIIᵉ siècle à bord du vaisseau Argos, en passant par le vétéran de la guerre de Corée devenu … Continue reading Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

La double qui préfère être jugée par douze que portée par six. Le Seigneur des porcheries, c’est la destinée qui frappe à la porte de l’auge à cochons. Celle qui amène un jeune punk de 20 ans à quitter la Pennsylvanie pour aller jouer de la guitare dans les bars parisiens tout en écrivant ce qui allait devenir un roman culte, qui ne serait jamais … Continue reading Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)

La double qui est incapable de reconnaître un pénis quand elle en voit un, ou plutôt quand elle n’en voit pas. Drôle de personnage que ce Mailman, postier aussi maniaque que foutraque, psychopathe en puissance qui se contente — pour l’instant — d’ouvrir et de lire le courrier de tous ceux qui se trouvent sur le chemin de sa tournée quotidienne. En tout cas, jusqu’à … Continue reading J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)

Sandrine Collette “Et toujours les forêts” (JC Lattes)

La double qui était d’une tristesse effarante et Augustine peinait à la suivre. Aussi sombres et peu accueillantes qu’elles soient, on y revient toujours, dans ces forêts que l’on imagine noircir les pentes inhospitalières du Morvan de Sandrine Collette. On y revient toujours, aux forêts, surtout lorsqu’on est un orphelin rescapé par miracle d’un holocauste climatique et qu’on n’a nulle part d’autre où aller, et … Continue reading Sandrine Collette “Et toujours les forêts” (JC Lattes)

Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)

La double qui pense que les jeunes se remettent à écouter des CD. Et si on tenait là le roman de la maturité pour FabCaro ? Ça commence à la caisse d’un supermarché (comme le fantastique Zaï Zaï Zaï Zaï), ça part vite en sucette aux frontières du surnaturel et de la folie pure (comme dans l’excellent Figurec), c’est parsemé de saillies verbales et de … Continue reading Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)

Laure Gauthier “Melusine reloaded” (Editions Corti)  

La double qui constate qu’il s’agissait d’un pseudo-amour (PA). Timing pourri pour la fée Mélusine, qui a choisi de revenir sur Terre à une époque où celle-ci n’a plus grand-chose à voir avec la nôtre (quoique, quoique…) et encore moins avec celle où le roi Arthur tapait le carton avec Lancelot en buvant de la bière tiède dans le Saint Graal. Ici, les Touristes Traversants … Continue reading Laure Gauthier “Melusine reloaded” (Editions Corti)  

Zdeněk Jirotka “Saturnin” (Karolinum)

La double par qui un malheur arrive si vite qu’il n’arrive jamais seul. Jirotka, le FabCaro de la Vltava ! Soit l’un de ces auteurs capables de nous faire esclaffer tout seuls dans notre lit, tant son écriture, d’apparence simpliste, est traversée de fulgurances aussi absurdes qu’hilarantes — à l’image du personnage principal de ce roman délicieusement suranné, paru à une époque où l’on savait … Continue reading Zdeněk Jirotka “Saturnin” (Karolinum)

Giuliano da Empoli “Le mage du Kremlin” (Gallimard)

La double qui fait gagner Staline. Sorte de Raspoutine malgré lui (et ayant troqué la soutane pour un iPhone), âme damnée d’un président-dictateur qui n’avait pas besoin de lui pour être d’une connerie diabolique, Vadim Baranov est un personnage presque trop beau pour être vrai. Mais que Da Empoli a en réalité calqué sur un personnage bien réel, celui-là : Vladislav Sourkov, cofondateur du parti … Continue reading Giuliano da Empoli “Le mage du Kremlin” (Gallimard)