Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

La double qui démontre la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question. Lire Ursula Le Guin à 20 ans, c’est se prendre une grosse claque dans sa petite tête de jeune lecteur de littérature fantastique ; la relire vingt ans plus tard, après avoir engrangé dans la même petite tête des dizaines de milliers de pages supplémentaires, c’est mesurer l’influence improbable qu’a … Continue reading Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

La double qui a le souffle coupé quand elle parcourt à grand fracas l’indicateur des chemins de fer. Prem’s. Premier, d’abord (bien longtemps avant Huxley et Orwell), à avoir créé un monde parfait, si parfait qu’il ne tarde pas à se craqueler dans tous les sens alors que les Numéros qui le peuplent commencent à sentir des fourmis dans les jambes. En revanche, comme Dostoïevski … Continue reading Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

Edgar Hilsenrath “Fuck America” (Points)

La double qui va maintenant enfin vous enculer. Aussi juif et gouailleur que le héros de Tout est illuminé, aussi allemand et paumé que le héros de Baiser ou faire des films, aussi fauché et en chute libre que le héros de Fuck Up, Jakob Bronsky arpente les rues de New York avec pour principale occupation de magouiller par-ci par-là pour s’acheter le temps d’écrire … Continue reading Edgar Hilsenrath “Fuck America” (Points)

Samir Machado de Machado “Tupinilândia” (Editions Métailié)

La double dont l’échec est inévitable. Si l’on ne peut être qu’un poil déçu (mais alors, très légèrement) par la tournure limite grand-guignolesque que finit par prendre Tupinilândia, ce (trop) long roman de Machado de Machado n’en demeure pas moins une lecture passionnante, avec un point de départ aussi excitant que fatalement casse-gueule, d’où la déception susdite : un milliardaire brésilien mégalo décide de créer, … Continue reading Samir Machado de Machado “Tupinilândia” (Editions Métailié)

Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

La double qui ne nous est bizarrement pas si étrangère. Roman gigogne et roman-fleuve, roman protéiforme et roman kaléidoscopique, La Cité des nuages et des oiseaux est un véritable chef-d’œuvre. Point. De la petite orpheline du Constantinople de 1453 à Konstance, qui fuit la Terre dévastée du XXIIᵉ siècle à bord du vaisseau Argos, en passant par le vétéran de la guerre de Corée devenu … Continue reading Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

La double qui préfère être jugée par douze que portée par six. Le Seigneur des porcheries, c’est la destinée qui frappe à la porte de l’auge à cochons. Celle qui amène un jeune punk de 20 ans à quitter la Pennsylvanie pour aller jouer de la guitare dans les bars parisiens tout en écrivant ce qui allait devenir un roman culte, qui ne serait jamais … Continue reading Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)

La double qui est incapable de reconnaître un pénis quand elle en voit un, ou plutôt quand elle n’en voit pas. Drôle de personnage que ce Mailman, postier aussi maniaque que foutraque, psychopathe en puissance qui se contente — pour l’instant — d’ouvrir et de lire le courrier de tous ceux qui se trouvent sur le chemin de sa tournée quotidienne. En tout cas, jusqu’à … Continue reading J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)

Sandrine Collette “Et toujours les forêts” (JC Lattes)

La double qui était d’une tristesse effarante et Augustine peinait à la suivre. Aussi sombres et peu accueillantes qu’elles soient, on y revient toujours, dans ces forêts que l’on imagine noircir les pentes inhospitalières du Morvan de Sandrine Collette. On y revient toujours, aux forêts, surtout lorsqu’on est un orphelin rescapé par miracle d’un holocauste climatique et qu’on n’a nulle part d’autre où aller, et … Continue reading Sandrine Collette “Et toujours les forêts” (JC Lattes)

Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)

La double qui pense que les jeunes se remettent à écouter des CD. Et si on tenait là le roman de la maturité pour FabCaro ? Ça commence à la caisse d’un supermarché (comme le fantastique Zaï Zaï Zaï Zaï), ça part vite en sucette aux frontières du surnaturel et de la folie pure (comme dans l’excellent Figurec), c’est parsemé de saillies verbales et de … Continue reading Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)