Jānis Joņevs, Metal — Gaïa, 2016 · Trad. Nicolas Auzanneau

La double qui ne vaut pas Nirvana

★★★

Metal, comme le goût que laisse dans la bouche le premier roman du Letton Jānis Joņevs, en même temps qu’un certain arrière-goût d’inachevé. À l’image de Nicolas Mathieu de ce côté du Rhin, de Jaroslav Rudiš de ce côté de la Vltava, ou de l’auteur aviné de cette chronique branlante, Jānis a grandi dans les années 80 : adolescence bercée au grunge de Nirvana, premières pelles sur un slow de Scorpions, punk à roulettes et nu metal qui se télescopent ensuite dans un fatras de nouvelles expériences aux frontières de la vie adulte. Metal fascine par instants avec son aspect bancal d’objet volant non identifié qui traverse l’espace aérien letton avec la grâce d’un missile soviétique. Le problème, c’est qu’une certaine immaturité dans l’écriture finit par lasser le lecteur, impatient qu’on sorte enfin de ces histoires de sniffage de glu et de virées cataclysmiques en mobylette tunée à la mode de l’Est. Peine perdue. Reste une bande-son impec et un bouquin générationnel pas mauvais du tout. À lire avec le volume à fond.

L’EXTRAIT

« Bon, ça ne vaut pas Nirvana, vraiment pas. Mais bon, faut se faire une idée. “My girlfriend says / That I need a help”. Qu’est-ce que c’est que ces salades, je n’ai même pas de copine, passons à autre chose. “My boyfriend says / I’d be better off dead”. Ça semble déjà mieux. “Fuck you I gonna get drunk”, nous y voilà enfin. Pas possible d’aller plus loin que ça avec des putains de mots. “All people are shit !” — c’est dit de manière assez profonde. L’essentiel, c’est ça, c’est bien crade et sans compromis. »

[Votre extrait du livre.]

Metal
Auteur : Jānis Joņevs
Pays : Lettonie
Titre original : Jelgava ’94 (2013)
Langue originale : letton.
Éditeur français : Gaïa, 2016
Collection : Gaïa littérature
Traduction : Nicolas Auzanneau.
Genre : roman d’apprentissage, roman générationnel

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