Nicole Caligaris “La scie patriotique” (Mercure de France)

La double ta-ti-ta, ta-ti-ta, sans broncher.  Il y a du Claude Simon chez Cagliaris ; en dix fois moins long et en dix fois plus facile à lire (quoique), mais comme dans La Route des Flandres, la guerre est là sans jamais se montrer vraiment, absurde au possible, crasseuse et écrasante d’imbécillité, menée tambour battant et toutes scies dehors par une troupe de dégénérés qui … Continue reading Nicole Caligaris “La scie patriotique” (Mercure de France)

Lenka Hornaková-Civade “Giboulées de soleil” (Alma)

La double qui a eu la bonne idée de naître dans un pays sans mer. Elle est installée en France depuis si longtemps qu’elle écrit désormais dans la langue de Kylian Mbappé, mais c’est bien l’histoire de la Tchéquie au XXe siècle que Lenka Hornaková-Civade revisite ici à travers les yeux effrontés de trois générations de femmes, filles et mères, tantes et demi-soeurs, bâtardes jusqu’au … Continue reading Lenka Hornaková-Civade “Giboulées de soleil” (Alma)

Jonathan Coe “Le Royaume Désuni” (Gallimard)

La double qui avait à peu près 200 rouleaux de PQ dans sa voiture. Y’a des mecs comme ça qui existent. A rendre jaloux le plus talentueux des gratte-papiers qui hantent laborieusement les couloirs des maisons d’édition. Des mecs comme Jonathan Coe pour qui il semble facile d’écrire tout simplement des belles histoires sans en faire des caisses dans le style. Le fond (5 générations … Continue reading Jonathan Coe “Le Royaume Désuni” (Gallimard)

Bohumil Hrabal “Une trop bruyante solitude” (Actes Sud)

La double qui ne lui dit plus autrement que Marie-Trempe-La-Merde. Une trop bruyante sollicitude surtout, autour de Bohumil Hrabal et de son écriture d’une âpreté incomparable. On s’en est cogné des auteurs compliqués, et la maîtrise stylistique de Hrabal est certes indéniable. Mais on en a aussi connu des plus drôles, surtout en Tchéquie, où le style n’empêche pas un certain humour caustique et des … Continue reading Bohumil Hrabal “Une trop bruyante solitude” (Actes Sud)

Laurent Gaudé “Zem” (Actes Sud)

La double qui exhibait son sexe et ses jambes maigres a la vue de tous. Laisse-moi Zem Zem Zem dans ma Magnapole, et laisse-moi lire la suite du glaçant Chien 51, paru il y a trois ans chez Actes Sud. Où l’on retrouve Zem Sparak, qui ne se fait plus appeler Chien 51 mais juste Zem, et qui n’est plus flic mais garde du corps … Continue reading Laurent Gaudé “Zem” (Actes Sud)

Walter John Williams “La peste du léopard vert” (Le Bélial)

La double pour qui la mort est une question d’opinion. Avant, Michelle était un singe. Maintenant, c’est une sirène qui vit dans les îles Chelbacheb. Jusque-là, rien d’anormal si l’on considère qu’on se trouve dans un futur post-humain où recomposer son génome est aussi facile que de changer de gouvernement en France au XXIᵉ siècle. Mais comment en est-on arrivé là ? C’est en enquêtant … Continue reading Walter John Williams “La peste du léopard vert” (Le Bélial)

Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages)

La double qui traversa la salle jusqu’aux escaliers oùdes filles solides très décolletées l’agrippèrent sousles bras. Bon, brut, et un peu truand sur les bords, Faillir être flingué est sans doute ce qui se fait de mieux dans le (ouest) terne paysage littéraire actuel. Une bien belle ruée vers les mots qui se termine en gracieux règlement de compte à OK Cordial après avoir enfoncé … Continue reading Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages)

Karel Capek “R.U.R” (Editions de L’Aube)

La double dont la nature s’est détournée parce que nous avons créé les robots. Aussi drôle et encore plus barré que l’hilarant Guerre des Salamandres, ce R.U.R (pour Rossumovi Univerzální Roboti, qu’on ne devrait presque pas avoir à vous traduire) est un monument théâtral à la découpe aussi inégale que percutante, à l’écriture aussi vivace que moderne. Trop souvent réduit à l’état de réponse Trivial … Continue reading Karel Capek “R.U.R” (Editions de L’Aube)

Juhani Karila “La pêche au petit brochet” (J’ai Lu)

La double qui aurait le droit d’emporter des animaux uniquement si elle la battait au jeu du tire-doigt. Qu’est-ce qui fait de ce livre une telle réussite ? Est-ce que c’est juste parce que “c’est notre brochet”, comme l’aurait dit selon la légende le président de (absolument pas) tous les Français un soir de 2017 ? Sans doute pas. Peut-être est-ce juste que les Finlandais … Continue reading Juhani Karila “La pêche au petit brochet” (J’ai Lu)