Fabrice Caro “Les derniers jours de l’apesanteur” (Sygne/Gallimard)

La double qui était dans l’acceptation la plus passive quand madame Rigaux lui a mis la tête entre ses seins. Changement de registre (encore !) pour FabCaro, qui switche gentiment vers le roman semi-autobiographique et générationnel, Terminale Scientifique option Nicolas Mathieu. Bon, sauf que Fabrice Caro ne peut rien faire comme tout le monde et que son récit ne tarde pas à partir en sucette, … Continue reading Fabrice Caro “Les derniers jours de l’apesanteur” (Sygne/Gallimard)

Carole Lobel “En territoire ennemi” (L’Association)

La double qui trouve Alain Soral intéressant  Pas de casque bleu, aucune force de maintien de la paix à l’horizon — un horizon qui s’arrête d’ailleurs à peu près aux quatre murs de l’appartement où Carole Lobel s’est elle-même emprisonnée, aux prises avec l’ennemi le plus insidieux qui soit. La drogue ? L’alcool ? La dépression ? Un peu de tout cela à la fois, … Continue reading Carole Lobel “En territoire ennemi” (L’Association)

Ernst Jünger “Eumeswil” (Editions Litos)

La double qui rappelle que l’amour est anarchique, le mariage non  La bonne nouvelle, c’est que ce bouquin date de 1976. Il y a peu de chances qu’il se retrouve entre les doigts boudinés d’un de ces “chroniqueurs” analphabètes qui entament généralement leur cacaprose par un tonitruant : “alors moi, je, personnellement, moi-même, je n’ai pas du tout aimé, moi personnellement, mais quand même merci … Continue reading Ernst Jünger “Eumeswil” (Editions Litos)

Dave Eggers “Une oeuvre déchirante d’un génie renversant” (Balland) 

La double qui présente le caractère inévitable, étant donné la situation avec le frère, d’une émotion presque constante. Derrière le titre qui tabasse sévère, il y a le petit cœur d’un écrivain talentueux qui bat très fort. Ou peut-être même de plusieurs auteurs, tant “Une œuvre déchirante d’un génie renversant” pourrait être le meilleur bouquin de Philippe Roth écrit par Jonathan Safran Foer sur une … Continue reading Dave Eggers “Une oeuvre déchirante d’un génie renversant” (Balland) 

David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

La double qui n’avait pas littéralement dit fraîcheur vespérale. Aussi long qu’un match Isner-Mahut (11h05 en 2010 à Wimbledon, près de 1400 pages ici), aussi puissant qu’un coup droit de Nadal le long de la ligne de coke, aussi subtil qu’un amorti de Federer, aussi haletant et indécis qu’une énième finale Sinner-Alcaraz, aussi fantasque qu’un coup de Monfils entre les jambes, L’Infinie Comédie parle donc … Continue reading David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

La double qui joue à domicile. Des ruelles de Rome qu’il parcourt avec son pote de remplacement (il s’est fait larguer par texto la veille du départ) aux travées du célèbre stade des Bohemians de Prague (dont j’aperçois d’ailleurs le toit par la fenêtre en écrivant ces lignes), Jiří Franta nous narre les aventures d’un jeune trentenaire tchèque sur le point de commettre l’irréparable : … Continue reading Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

La double qui démontre la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question. Lire Ursula Le Guin à 20 ans, c’est se prendre une grosse claque dans sa petite tête de jeune lecteur de littérature fantastique ; la relire vingt ans plus tard, après avoir engrangé dans la même petite tête des dizaines de milliers de pages supplémentaires, c’est mesurer l’influence improbable qu’a … Continue reading Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

Claverie / Tenaud “Croix de bois, croix de fer” (Wonderbooks)

La double qui Lũ ngốc! Cút khỏi đây! Cậu đang làm gì? Anh ấy sợ đấy! Tout est pastel chez Claverie et Tenaud : les couleurs du premier comme les mots du second, qui nous narre ici, avec une certaine délicatesse, les émois de l’enfance — entre des parents qui se déchirent et les petites brutes de l’école, qui font nettement moins les malins quand … Continue reading Claverie / Tenaud “Croix de bois, croix de fer” (Wonderbooks)

Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

La double qui a le souffle coupé quand elle parcourt à grand fracas l’indicateur des chemins de fer. Prem’s. Premier, d’abord (bien longtemps avant Huxley et Orwell), à avoir créé un monde parfait, si parfait qu’il ne tarde pas à se craqueler dans tous les sens alors que les Numéros qui le peuplent commencent à sentir des fourmis dans les jambes. En revanche, comme Dostoïevski … Continue reading Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)