Giuliano da Empoli “Le mage du Kremlin” (Gallimard)

La double qui fait gagner Staline. Sorte de Raspoutine malgré lui (et ayant troqué la soutane pour un iPhone), âme damnée d’un président-dictateur qui n’avait pas besoin de lui pour être d’une connerie diabolique, Vadim Baranov est un personnage presque trop beau pour être vrai. Mais que Da Empoli a en réalité calqué sur un personnage bien réel, celui-là : Vladislav Sourkov, cofondateur du parti … Continue reading Giuliano da Empoli “Le mage du Kremlin” (Gallimard)

Chris Kraus “Baiser ou faire des films” (Belfond)

La double qui doit se trouver des amis qui la détestent Si on est surtout venu à ce bouquin de Chris Kraus pour son titre parfaitement foutraque, on y reste (et bien accroché) grâce à la verve et au style incomparable de l’auteur américain. Non content d’être le presque-parfait homonyme du duo hip-hop le plus sous-estimé des nineties, Chris Kraus jumpe à deux pieds dans … Continue reading Chris Kraus “Baiser ou faire des films” (Belfond)

Carole Martinez “Dors ton sommeil de brute” (Gallimard)

La double qui est une énergie, un mouvement vif, un sursaut. Titre qui fracasse, pitch qui tabasse: une nuit, tous les enfants du monde s’éveillent à la même heure et poussent un long cri glaçant de plusieurs minutes. Boum. Dès le point de départ, Carole Martinez installe un malaise qui ne nous lâchera plus. Pas d’explication, pas de solution immédiate. Juste une certitude : quelque … Continue reading Carole Martinez “Dors ton sommeil de brute” (Gallimard)

Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

La double où c’est le plus barbare qui gagne. Double niveau de lecture : Les Voyages du Fils peut se lire indépendamment du reste de l’œuvre de Jacques Abeille, auquel cas il demeurera un très beau roman initiatique, qui ne souffrira pas de la comparaison avec son aîné, le somptueux et culte Jardins statuaires, avec qui il partage une certaine langueur délicieuse. On peut aussi … Continue reading Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

Nicolas Dehghani “Ceux qui brûlent” (Éditions Sarbacane)

La double qui n’a plus rien à choper là-bas, à part le tétanos. Première BD de Nicolas Dehghani, Ceux qui brûlent est un polar de bonne facture où l’on suit une jeune enquêtrice sur les traces d’un taré qui brûle ses victimes à l’acide. On s’y laisse prendre facilement, même si un petit côté Julie Lescaut peut déranger à la longue, avec son lot de … Continue reading Nicolas Dehghani “Ceux qui brûlent” (Éditions Sarbacane)

Martin Mongin “Le Chomor” (Editions Tusitala)

La double qui ne bouge pas d’un cul  Non, Le Chomor n’est pas une chronique sociale autour d’une étudiante en cinéma approchée par une société secrète aux desseins révolutionnaires. Le Chomor n’est pas non plus une improbable œuvre de fantasy à la française, Stranger Things dans les Côtes‑d’Armor. Pas plus qu’il n’est un roman d’horreur où deux jumelles tentent d’échapper à leur tortionnaire dans un … Continue reading Martin Mongin “Le Chomor” (Editions Tusitala)

Luz (et Virginie Despentes) “Vernon Subutex” (Albin Michel)

La double qui a vendu tous ses disques. J’aime pas Despentes. M’emmerdez pas. Je sais que je devrais, mais ça passe pas. Baise-moi m’a moins choqué qu’ennuyé, King Kong Théorie m’est tombé des mains malgré mon appétence pour les lectures féministes, et je préférerai toujours relire Débrouille-toi avec ton violeur d’Infernus Iohannes que le très moyen Cher Connard. À la limite, seul Vernon Subutex pouvait … Continue reading Luz (et Virginie Despentes) “Vernon Subutex” (Albin Michel)

Luz “Indélébiles” (Futuropolis)

La double qui tient son crayon à l’envers. Quand on lit trop vite le titre de cet album de Luz, on pourrait croire qu’il s’intitule “Les débiles”, mais ça pourrait aussi bien coller à cette superbe BD où Luz fait revivre sous nos yeux humides les Charb, Cabu et le reste de cette bien belle bande d’abrutis de Charlie Hebdo qui le prirent sous leurs … Continue reading Luz “Indélébiles” (Futuropolis)