La double qui a tracé sa route, l’air furax comme toutes les mamies qui font la queue pour des oranges.

Si Jaroslav Rudiš avait été français, il se serait appelé Nicolas Mathieu et aurait certainement troqué la grisaille des Sudètes des eighties pour la grisaille (la même mais différente) de la Lorraine des nineties. Mais Jaroslav Rudiš est bel et bien tchèque, et dans ses veines coule ce je-ne-sais-quoi de langueur monotone qui berce mon cœur d’une longueur d’automnes éternels. Un ancien punk devenu patron de troquet morose (le troquet, pas le patron, quoique), une nouvelle punk qui se débat avec ses origines à la frontière de l’Allemagne de l’Est, le décor est (bien) planté, la plume de Rudiš (bien éloignée du reste de son œuvre, le Noël pragois en tête) fait le reste du boulot, et le fait même très bien.
Jaroslav Rudiš “La fin des punks à Helsinki” (Books Edition)

