Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

La double qui connait donc Monsieur Uxa C’est quand même marrant, la faculté des auteurs tchèques à naviguer en permanence aux confins de l’absurde, flottant tout en langueur sur un océan kafkaïen, s’octroyant quelques escales sur un îlot de situations cocasses. Le héros (sic) du Passage ne navigue pas très loin, puisqu’en traversant un jour un de ces passages commerciaux dont est garni l’hypercentre de … Continue reading Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

La double qui fait une matrice SWOT Ça partait pourtant plutôt bien. Une autrice en vogue, tout juste auréolée d’une place en finale du prix Médicis, pour finalement se voir octroyer le Prix du Premier Roman (pour Mon Mari en 2021), et un pitch de départ plutôt gouleyant : une star de la musique part s’isoler sur une île déserte pour échapper aux paparazzis. 50 … Continue reading Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

La double qui sauvera le genre humain. Faut voir.  “C’est toujours les autres qui meurent” et sa référence flagrante à l’épitaphe de Marcel Duchamp pourraient concourir (et l’emporter sans peine) dans la catégorie “meilleur titre de roman”… s’il n’en était pas éjecté par un autre roman de Vilar, Jean-François : “Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués”. Mais Vilar, ce n’est pas que des … Continue reading Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)

La double qui nous fait sentir la morsure du froid. Si “Les Âmes grises” demeure LE livre par lequel il faut absolument commencer à lire Claudel, c’est sans doute parce qu’il s’en dégage toute la quintessence (vérifiez, ce n’est pas un gros mot, au contraire de “sac à merde” ou “homme politique”) du style de l’auteur mosellan, à l’image de la campagne du pays qui … Continue reading Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)

Martin Mongin “Francis Rissin” (Editions Tusitala)

Louange à toi, la double Francis Rissin   Sans doute l’auteur dont je suis le plus jaloux à l’heure actuelle, parce que le seul qui semble capable d’écrire un roman aussi kaléidoscopique, étrange et envoûtant que Francis Rissin. Francis qui ? Qui est Francis Rissin ? Le messie, un imposteur, une légende, un quidam comme vous et moi ? On l’apprendra peut-être au bout de cette … Continue reading Martin Mongin “Francis Rissin” (Editions Tusitala)

Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

La double qui paraît que c’est à cause de la religion, qu’ils disent. Après dix ans en Tchéquie, s’il y a bien une chose que chacun sait, c’est que — tout sympathiques qu’ils soient dans le fond — les Tchèques n’ont pas forcément inventé la jovialité. Ce qui ne les a pas empêchés, bien au contraire, de développer un humour national assez particulier, corrosif et … Continue reading Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

Emily Saint-John Mandel “La mer de la tranquillité” (Payot & Rivages)

La double qui vient de Colonie Deux. Bien moins poétique que son chef-d’œuvre Station Eleven, Emily St. John Mandel adopte avec La mer de la tranquillité un style plus nerveux, qui rappelle davantage l’écriture haletante d’une Connie Willis. Exit le post-apocalyptique : cette fois, elle s’attaque au voyage dans le temps, prouvant au passage que Willis n’en détient pas le monopole—même si elle a encore … Continue reading Emily Saint-John Mandel “La mer de la tranquillité” (Payot & Rivages)

Bohumil Hrabal “Les souffrances du vieux Werther” (10/18)

La double qu’un régiment entier aurait pu lui passer dessus Sans vouloir jouer les Hrabal-joies, pas vraiment la porte d’entrée la plus facile pour pénétrer l’univers de ce cher Bohumil. Peut-être pas aussi dur que pour le narrateur de se coltiner son grand-père asocial pendant une centaine de pages aussi touffues et bordéliques qu’une cuisine tchèque du début du siècle. Ne cherchez pas Goethe dans … Continue reading Bohumil Hrabal “Les souffrances du vieux Werther” (10/18)

Martin Mongin “Le Chomor” (Editions Tusitala)

La double qui ne bouge pas d’un cul  Non, Le Chomor n’est pas une chronique sociale autour d’une étudiante en cinéma approchée par une société secrète aux desseins révolutionnaires. Le Chomor n’est pas non plus une improbable œuvre de fantasy à la française, Stranger Things dans les Côtes‑d’Armor. Pas plus qu’il n’est un roman d’horreur où deux jumelles tentent d’échapper à leur tortionnaire dans un … Continue reading Martin Mongin “Le Chomor” (Editions Tusitala)