Jean-Baptiste Del Amo “Le Fils de l’homme” (Gallimard)

La double qui trinque à notre nouveau départ. Comme Sandrine Collette, Del Amo a ce talent incroyable pour l’écriture râpeuse qui sent la poussière. Quand l’homme parle, on sent le passé chargé à la moindre virgule qui hésite à descendre la pente raide que le fils de l’homme tente de remonter, emmené avec sa mère dans cette vieille bâtisse retirée de tout : de la … Continue reading Jean-Baptiste Del Amo “Le Fils de l’homme” (Gallimard)

Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

La double où c’est le plus barbare qui gagne. Double niveau de lecture : Les Voyages du Fils peut se lire indépendamment du reste de l’œuvre de Jacques Abeille, auquel cas il demeurera un très beau roman initiatique, qui ne souffrira pas de la comparaison avec son aîné, le somptueux et culte Jardins statuaires, avec qui il partage une certaine langueur délicieuse. On peut aussi … Continue reading Jacques Abeille “Les voyages du fils” (Le Tripode)

Arthur Nersesian “Fuck Up” (La Croisée)

La double prête à partager studio Upper West Side, loyer bas contre services, petit déj aux chandelles pour 2. Pour l’anecdote, ou peut-être parce qu’en réalité cela en dit long sur le contenu de ce bouquin pas loin d’être culte : lorsqu’il paraît en 1997 chez la petite maison d’édition new-yorkaise Akashic, Fuck Up s’intitulait en V.O. The Fuck-Up. Comme LE fuck-up, pas n’importe lequel, … Continue reading Arthur Nersesian “Fuck Up” (La Croisée)

Alan Moore – Le Grand Quand (Éditions Bragelonne)

La double qui se dirige vers Tower Bridge, ou La Travée de Merde comme ils disent ici Nouvelle ligue des gentlemen complètement ordinaires : un commis de librairie pas dégourdi mais sympa quand même, un mec en bois et un autre en acier, une prostituée au grand cœur, et toute une tripotée de personnages qui ne peuvent exister que dans l’imagination troublée d’Alan Moore (doit-on … Continue reading Alan Moore – Le Grand Quand (Éditions Bragelonne)

Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

La double qui connait donc Monsieur Uxa C’est quand même marrant, la faculté des auteurs tchèques à naviguer en permanence aux confins de l’absurde, flottant tout en langueur sur un océan kafkaïen, s’octroyant quelques escales sur un îlot de situations cocasses. Le héros (sic) du Passage ne navigue pas très loin, puisqu’en traversant un jour un de ces passages commerciaux dont est garni l’hypercentre de … Continue reading Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

La double qui fait une matrice SWOT Ça partait pourtant plutôt bien. Une autrice en vogue, tout juste auréolée d’une place en finale du prix Médicis, pour finalement se voir octroyer le Prix du Premier Roman (pour Mon Mari en 2021), et un pitch de départ plutôt gouleyant : une star de la musique part s’isoler sur une île déserte pour échapper aux paparazzis. 50 … Continue reading Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

La double qui sauvera le genre humain. Faut voir.  “C’est toujours les autres qui meurent” et sa référence flagrante à l’épitaphe de Marcel Duchamp pourraient concourir (et l’emporter sans peine) dans la catégorie “meilleur titre de roman”… s’il n’en était pas éjecté par un autre roman de Vilar, Jean-François : “Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués”. Mais Vilar, ce n’est pas que des … Continue reading Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)

La double qui nous fait sentir la morsure du froid. Si “Les Âmes grises” demeure LE livre par lequel il faut absolument commencer à lire Claudel, c’est sans doute parce qu’il s’en dégage toute la quintessence (vérifiez, ce n’est pas un gros mot, au contraire de “sac à merde” ou “homme politique”) du style de l’auteur mosellan, à l’image de la campagne du pays qui … Continue reading Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)

Martin Mongin “Francis Rissin” (Editions Tusitala)

Louange à toi, la double Francis Rissin   Sans doute l’auteur dont je suis le plus jaloux à l’heure actuelle, parce que le seul qui semble capable d’écrire un roman aussi kaléidoscopique, étrange et envoûtant que Francis Rissin. Francis qui ? Qui est Francis Rissin ? Le messie, un imposteur, une légende, un quidam comme vous et moi ? On l’apprendra peut-être au bout de cette … Continue reading Martin Mongin “Francis Rissin” (Editions Tusitala)