Romain Renard “Revoir Comanche” (Le Lombard)

La double qui a fait en sorte de libérer la Terre de sa présence. Hommage et interprétation soyeuse du classique de Greg et Hermann, Revoir Comanche, c’est définitivement plus No Country for Old Men que Mon nom est Personne. Pas de Terence Hill à l’horizon donc, mais un Red Dust vieux et fatigué, hanté par son passé de porte-flingue et engagé dans un long road … Continue reading Romain Renard “Revoir Comanche” (Le Lombard)

Juhani Karila “La pêche au petit brochet” (J’ai Lu)

La double qui aurait le droit d’emporter des animaux uniquement si elle la battait au jeu du tire-doigt. Qu’est-ce qui fait de ce livre une telle réussite ? Est-ce que c’est juste parce que “c’est notre brochet”, comme l’aurait dit selon la légende le président de (absolument pas) tous les Français un soir de 2017 ? Sans doute pas. Peut-être est-ce juste que les Finlandais … Continue reading Juhani Karila “La pêche au petit brochet” (J’ai Lu)

Fabrice Caro “Les derniers jours de l’apesanteur” (Sygne/Gallimard)

La double qui était dans l’acceptation la plus passive quand madame Rigaux lui a mis la tête entre ses seins. Changement de registre (encore !) pour FabCaro, qui switche gentiment vers le roman semi-autobiographique et générationnel, Terminale Scientifique option Nicolas Mathieu. Bon, sauf que Fabrice Caro ne peut rien faire comme tout le monde et que son récit ne tarde pas à partir en sucette, … Continue reading Fabrice Caro “Les derniers jours de l’apesanteur” (Sygne/Gallimard)

Carole Lobel “En territoire ennemi” (L’Association)

La double qui trouve Alain Soral intéressant  Pas de casque bleu, aucune force de maintien de la paix à l’horizon — un horizon qui s’arrête d’ailleurs à peu près aux quatre murs de l’appartement où Carole Lobel s’est elle-même emprisonnée, aux prises avec l’ennemi le plus insidieux qui soit. La drogue ? L’alcool ? La dépression ? Un peu de tout cela à la fois, … Continue reading Carole Lobel “En territoire ennemi” (L’Association)

Ernst Jünger “Eumeswil” (Editions Litos)

La double qui rappelle que l’amour est anarchique, le mariage non  La bonne nouvelle, c’est que ce bouquin date de 1976. Il y a peu de chances qu’il se retrouve entre les doigts boudinés d’un de ces “chroniqueurs” analphabètes qui entament généralement leur cacaprose par un tonitruant : “alors moi, je, personnellement, moi-même, je n’ai pas du tout aimé, moi personnellement, mais quand même merci … Continue reading Ernst Jünger “Eumeswil” (Editions Litos)

Dave Eggers “Une oeuvre déchirante d’un génie renversant” (Balland) 

La double qui présente le caractère inévitable, étant donné la situation avec le frère, d’une émotion presque constante. Derrière le titre qui tabasse sévère, il y a le petit cœur d’un écrivain talentueux qui bat très fort. Ou peut-être même de plusieurs auteurs, tant “Une œuvre déchirante d’un génie renversant” pourrait être le meilleur bouquin de Philippe Roth écrit par Jonathan Safran Foer sur une … Continue reading Dave Eggers “Une oeuvre déchirante d’un génie renversant” (Balland) 

Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

La double qui joue à domicile. Des ruelles de Rome qu’il parcourt avec son pote de remplacement (il s’est fait larguer par texto la veille du départ) aux travées du célèbre stade des Bohemians de Prague (dont j’aperçois d’ailleurs le toit par la fenêtre en écrivant ces lignes), Jiří Franta nous narre les aventures d’un jeune trentenaire tchèque sur le point de commettre l’irréparable : … Continue reading Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

Thomas D.Lee “Royaume en péril” (Christian Bourgeois)

La double où Lancelot dit merde, de nouveau. S’il y a un royaume qui n’est pas en péril ces temps-ci, c’est bien celui de la littérature fantastique, portée ces dernières années par un nouveau souffle grâce (ou à cause ?) au réchauffement climatique et à ses implications. À l’instar de Sandrine Collette, Thomas D. Lee en fait un personnage central de son œuvre, aux côtés … Continue reading Thomas D.Lee “Royaume en péril” (Christian Bourgeois)

Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

La double qui démontre la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question. Lire Ursula Le Guin à 20 ans, c’est se prendre une grosse claque dans sa petite tête de jeune lecteur de littérature fantastique ; la relire vingt ans plus tard, après avoir engrangé dans la même petite tête des dizaines de milliers de pages supplémentaires, c’est mesurer l’influence improbable qu’a … Continue reading Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)