La double qui fait la révolution

Si elle est vraie, l’anecdote est géniale. Pensant avoir déniché un roman méconnu du grand Léon Tolstoï, Pascal Rabate tombe dans un vide grenier sur une grande fresque russe écrite par le beaucoup moins célèbre mais toujours homonyme Tolstoï Alexis. Rien à voir donc avec Guerre et Paix, et pourtant, à la lecture d’Ibiscus, adaptation gargantuesque et (fatalement) ambitieuse, Alexis n’a rien à envier à son lointain cousin en termes de puissance évocatrice et de saga alambiquée. Rabate nous régale des aventures rocambolesques d’un jeune comptable devenu tour à tour et par la force des choses proxénète, parrain du crime et cadavre ambulant. Le noir et blanc subtil de Rabate et sa science du minimaliste fait le reste, faisant d’Ibiscus une série qui compte pour les amateurs de bédé avec de l’histoire dedans.
Pascal Rabaté « Ibiscus, l’intégrale », d’après Alexis Tolstoï (Glenat)

