Pavel Čech “La grande aventure de Pepik” (Editions L’Oeuf)

La double qui fait comme si elle était en train de créer un monde réel. Si vous connaissez un peu Prague, vous n’êtes pas sans avoir remarqué que les Tchèques possèdent une science incroyable du surnom contre-intuitif, transformant les Jan en Honza et les Joseph en… Pepik donc, comme le héros de cette très jolie BD du bien-nommé (cette fois-ci) Pavel Čech. Un petit garçon … Continue reading Pavel Čech “La grande aventure de Pepik” (Editions L’Oeuf)

Lenka Hornaková-Civade “Giboulées de soleil” (Alma)

La double qui a eu la bonne idée de naître dans un pays sans mer. Elle est installée en France depuis si longtemps qu’elle écrit désormais dans la langue de Kylian Mbappé, mais c’est bien l’histoire de la Tchéquie au XXe siècle que Lenka Hornaková-Civade revisite ici à travers les yeux effrontés de trois générations de femmes, filles et mères, tantes et demi-soeurs, bâtardes jusqu’au … Continue reading Lenka Hornaková-Civade “Giboulées de soleil” (Alma)

Bohumil Hrabal “Une trop bruyante solitude” (Actes Sud)

La double qui ne lui dit plus autrement que Marie-Trempe-La-Merde. Une trop bruyante sollicitude surtout, autour de Bohumil Hrabal et de son écriture d’une âpreté incomparable. On s’en est cogné des auteurs compliqués, et la maîtrise stylistique de Hrabal est certes indéniable. Mais on en a aussi connu des plus drôles, surtout en Tchéquie, où le style n’empêche pas un certain humour caustique et des … Continue reading Bohumil Hrabal “Une trop bruyante solitude” (Actes Sud)

Ivan Wernisch “La tête sur la table”(Literární Kabinet)

La double qui sort avec n’importe qui. Ce serait même plutôt les couilles sur la table, si l’on en croit ces quelques vers pris au hasard:  Bien, ma chère petite, on va chez moiT’es mon rêveOuais, j’ai dit chez moiFerme ta gueule pour un instant Il vous en faut plus pour vous convaincre ? Publié dans l’effervescence des années 60, Ivan Wernisch réussit le tour … Continue reading Ivan Wernisch “La tête sur la table”(Literární Kabinet)

Karel Capek “R.U.R” (Editions de L’Aube)

La double dont la nature s’est détournée parce que nous avons créé les robots. Aussi drôle et encore plus barré que l’hilarant Guerre des Salamandres, ce R.U.R (pour Rossumovi Univerzální Roboti, qu’on ne devrait presque pas avoir à vous traduire) est un monument théâtral à la découpe aussi inégale que percutante, à l’écriture aussi vivace que moderne. Trop souvent réduit à l’état de réponse Trivial … Continue reading Karel Capek “R.U.R” (Editions de L’Aube)

Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

La double qui joue à domicile. Des ruelles de Rome qu’il parcourt avec son pote de remplacement (il s’est fait larguer par texto la veille du départ) aux travées du célèbre stade des Bohemians de Prague (dont j’aperçois d’ailleurs le toit par la fenêtre en écrivant ces lignes), Jiří Franta nous narre les aventures d’un jeune trentenaire tchèque sur le point de commettre l’irréparable : … Continue reading Jiri Fronta “Singl” (Sarbacane)

Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

La double qui a le souffle coupé quand elle parcourt à grand fracas l’indicateur des chemins de fer. Prem’s. Premier, d’abord (bien longtemps avant Huxley et Orwell), à avoir créé un monde parfait, si parfait qu’il ne tarde pas à se craqueler dans tous les sens alors que les Numéros qui le peuplent commencent à sentir des fourmis dans les jambes. En revanche, comme Dostoïevski … Continue reading Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

Zdeněk Jirotka “Saturnin” (Karolinum)

La double par qui un malheur arrive si vite qu’il n’arrive jamais seul. Jirotka, le FabCaro de la Vltava ! Soit l’un de ces auteurs capables de nous faire esclaffer tout seuls dans notre lit, tant son écriture, d’apparence simpliste, est traversée de fulgurances aussi absurdes qu’hilarantes — à l’image du personnage principal de ce roman délicieusement suranné, paru à une époque où l’on savait … Continue reading Zdeněk Jirotka “Saturnin” (Karolinum)

Giuliano da Empoli “Le mage du Kremlin” (Gallimard)

La double qui fait gagner Staline. Sorte de Raspoutine malgré lui (et ayant troqué la soutane pour un iPhone), âme damnée d’un président-dictateur qui n’avait pas besoin de lui pour être d’une connerie diabolique, Vadim Baranov est un personnage presque trop beau pour être vrai. Mais que Da Empoli a en réalité calqué sur un personnage bien réel, celui-là : Vladislav Sourkov, cofondateur du parti … Continue reading Giuliano da Empoli “Le mage du Kremlin” (Gallimard)