Lucie Lomová “Anna en cavale” (Éditions de l’An 2)

La double qui ensuite a du choisir Tout n’est pas beaucoup plus rose dans la Tchéquie d’après la chute du Mur, qui s’est mangée de plein fouet le capitalisme sauvage sans s’être totalement débarrassée de ses vieux démons soviétiques. En l’occurrence, une bande de mafieux russes qui se sont mis en tête de dézinguer Alan, témoin gênant et Américain en goguette, bientôt en cavale en … Continue reading Lucie Lomová “Anna en cavale” (Éditions de l’An 2)

Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

La double qui connait donc Monsieur Uxa C’est quand même marrant, la faculté des auteurs tchèques à naviguer en permanence aux confins de l’absurde, flottant tout en langueur sur un océan kafkaïen, s’octroyant quelques escales sur un îlot de situations cocasses. Le héros (sic) du Passage ne navigue pas très loin, puisqu’en traversant un jour un de ces passages commerciaux dont est garni l’hypercentre de … Continue reading Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

Jan Novák et Jaromír 99 “Jusqu’ici tout va bien” (Presque Lune)

La double qui en vrai l’a seulement pris en moto, en vrai. C’est l’histoire de Machin — enfin non, de Mašín — ou plutôt non, des frères Mašín. Enfin bref, c’est l’histoire d’un mec (ou de plusieurs) qui tombe du toit d’un immeuble en béton armé, dans la grisaille de la Tchécoslovaquie soviétique d’après le Coup de Prague. Et à chaque nouvel étage d’oppression et … Continue reading Jan Novák et Jaromír 99 “Jusqu’ici tout va bien” (Presque Lune)

Jaroslav Rudiš & Nicolas Mahler — Oiseaux de nuit (L’Association)

La double qui se fait les Alpes en tongs Drôles d’oiseaux que ces deux compères lancés dans une virée nocturne à Prague, de hospoda en kavárna, de rideau de fer qui leur claque sous le nez (excellent running gag, surtout pour les habitués des nuits praguoises) en nouvelle pivo bien fraîche dans un passage discret. Le Tchèque Jaroslav Rudiš et l’Autrichien Nicolas Mahler — ou … Continue reading Jaroslav Rudiš & Nicolas Mahler — Oiseaux de nuit (L’Association)

Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

La double qui paraît que c’est à cause de la religion, qu’ils disent. Après dix ans en Tchéquie, s’il y a bien une chose que chacun sait, c’est que — tout sympathiques qu’ils soient dans le fond — les Tchèques n’ont pas forcément inventé la jovialité. Ce qui ne les a pas empêchés, bien au contraire, de développer un humour national assez particulier, corrosif et … Continue reading Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

Kateřina Čupová (d’après Karel Čapek) “R.U.R. Le soulèvement des robots” (Glénat)

La double qui veut être le maître des humains. Pas forcément évident d’adapter en bande dessinée le texte légendaire de Karel Čapek — légendaire parce que l’écrivain tchèque y invente le terme robot. Robot, du tchèque robotovat, que l’on pourrait très approximativement traduire par “travailler pour son maître” dans sa version originale, avant que le mot ne soit largement galvaudé pour désigner le travail mécanique … Continue reading Kateřina Čupová (d’après Karel Čapek) “R.U.R. Le soulèvement des robots” (Glénat)

Bohumil Hrabal “Les souffrances du vieux Werther” (10/18)

La double qu’un régiment entier aurait pu lui passer dessus Sans vouloir jouer les Hrabal-joies, pas vraiment la porte d’entrée la plus facile pour pénétrer l’univers de ce cher Bohumil. Peut-être pas aussi dur que pour le narrateur de se coltiner son grand-père asocial pendant une centaine de pages aussi touffues et bordéliques qu’une cuisine tchèque du début du siècle. Ne cherchez pas Goethe dans … Continue reading Bohumil Hrabal “Les souffrances du vieux Werther” (10/18)

Mikhaïl Boulgakov – Le Maître et Marguerite (Robert Laffont)

Mikhaïl Boulgakov – Le Maître et Marguerite (Robert Laffont)

La double qui finirait par croire en l’existence du diable Liste des raisons tout à fait objectives pour lesquelles on a tant tardé à lire ce chef-d’œuvre de la littérature russe, enfin, de la littérature tout court. Le patronyme russe. Quand on pense russe, on pense Tolstoï, Dostoïevski, les gros pavés imbitables de 1200 pages (pour le tome 1), les longues descriptions monocordes et les … Continue reading Mikhaïl Boulgakov – Le Maître et Marguerite (Robert Laffont)

Milos Urban “Sedmikostelí (Les Sept églises)” (Au Diable Vauvert)

Milos Urban “Sedmikostelí (Les Sept églises)” (Au Diable Vauvert)

La double qui ne se nommait pas Junek Autant le dire tout de suite, K est un vrai loser. Déjà, il a un prénom pourri—au point de préférer l’anonymat d’une simple initiale plutôt que d’offrir à ses collègues de la police une occasion en or de se foutre de lui. Pas qu’il ait le temps d’en souffrir trop longtemps : quelques jours après sa première … Continue reading Milos Urban “Sedmikostelí (Les Sept églises)” (Au Diable Vauvert)