Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

La double qui connait donc Monsieur Uxa C’est quand même marrant, la faculté des auteurs tchèques à naviguer en permanence aux confins de l’absurde, flottant tout en langueur sur un océan kafkaïen, s’octroyant quelques escales sur un îlot de situations cocasses. Le héros (sic) du Passage ne navigue pas très loin, puisqu’en traversant un jour un de ces passages commerciaux dont est garni l’hypercentre de … Continue reading Karel Pecka “Pasáž (Passage)” – Cambourakis

Joseph Mitchell – Le Secret de Joe Gould (Éditions du Sous-Sol)

La double qui est devenue danseuse classique prolétaire Plus que Joe Gould lui-même, le personnage principal du faux roman de Joseph Mitchell n’est autre qu’un livre aussi prometteur que fantasmagorique : Une histoire orale de notre temps. Un livre qui, probablement, n’existe pas — mais s’il existait, il remettrait en cause toute notre conception de la littérature moderne. À tel point qu’on espère qu’il ne … Continue reading Joseph Mitchell – Le Secret de Joe Gould (Éditions du Sous-Sol)

Hugo Pratt “Morgan” (Casterman)

La double qui est fanatique d’Horace Walpole. Morgan n’est pas Corto, mais Pratt reste Pratt. Et ses deux personnages partagent un flegme contagieux, une espèce de force tranquille, moins mitterrandienne qu’audiardienne, faite de répliques bien senties et d’aventures en clair-obscur — avec l’eau, toujours, comme fil conducteur, bien entendu. Voici donc le lieutenant Morgan de la Royal Navy, un type aussi doué pour obéir aux … Continue reading Hugo Pratt “Morgan” (Casterman)

Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

La double qui fait une matrice SWOT Ça partait pourtant plutôt bien. Une autrice en vogue, tout juste auréolée d’une place en finale du prix Médicis, pour finalement se voir octroyer le Prix du Premier Roman (pour Mon Mari en 2021), et un pitch de départ plutôt gouleyant : une star de la musique part s’isoler sur une île déserte pour échapper aux paparazzis. 50 … Continue reading Maud Ventura “Célèbre” (L’Iconoclaste)

Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

La double qui sauvera le genre humain. Faut voir.  “C’est toujours les autres qui meurent” et sa référence flagrante à l’épitaphe de Marcel Duchamp pourraient concourir (et l’emporter sans peine) dans la catégorie “meilleur titre de roman”… s’il n’en était pas éjecté par un autre roman de Vilar, Jean-François : “Nous cheminons entourés de fantômes aux fronts troués”. Mais Vilar, ce n’est pas que des … Continue reading Jean-François Vilar “C’est toujours les autres qui meurent” (Babel)

Jan Novák et Jaromír 99 “Jusqu’ici tout va bien” (Presque Lune)

La double qui en vrai l’a seulement pris en moto, en vrai. C’est l’histoire de Machin — enfin non, de Mašín — ou plutôt non, des frères Mašín. Enfin bref, c’est l’histoire d’un mec (ou de plusieurs) qui tombe du toit d’un immeuble en béton armé, dans la grisaille de la Tchécoslovaquie soviétique d’après le Coup de Prague. Et à chaque nouvel étage d’oppression et … Continue reading Jan Novák et Jaromír 99 “Jusqu’ici tout va bien” (Presque Lune)

Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)

La double qui nous fait sentir la morsure du froid. Si “Les Âmes grises” demeure LE livre par lequel il faut absolument commencer à lire Claudel, c’est sans doute parce qu’il s’en dégage toute la quintessence (vérifiez, ce n’est pas un gros mot, au contraire de “sac à merde” ou “homme politique”) du style de l’auteur mosellan, à l’image de la campagne du pays qui … Continue reading Philippe Claudel “Les âmes grises” (Stock)

Jaroslav Rudiš & Nicolas Mahler — Oiseaux de nuit (L’Association)

La double qui se fait les Alpes en tongs Drôles d’oiseaux que ces deux compères lancés dans une virée nocturne à Prague, de hospoda en kavárna, de rideau de fer qui leur claque sous le nez (excellent running gag, surtout pour les habitués des nuits praguoises) en nouvelle pivo bien fraîche dans un passage discret. Le Tchèque Jaroslav Rudiš et l’Autrichien Nicolas Mahler — ou … Continue reading Jaroslav Rudiš & Nicolas Mahler — Oiseaux de nuit (L’Association)

Martin Mongin “Francis Rissin” (Editions Tusitala)

Louange à toi, la double Francis Rissin   Sans doute l’auteur dont je suis le plus jaloux à l’heure actuelle, parce que le seul qui semble capable d’écrire un roman aussi kaléidoscopique, étrange et envoûtant que Francis Rissin. Francis qui ? Qui est Francis Rissin ? Le messie, un imposteur, une légende, un quidam comme vous et moi ? On l’apprendra peut-être au bout de cette … Continue reading Martin Mongin “Francis Rissin” (Editions Tusitala)