Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

La double qui paraît que c’est à cause de la religion, qu’ils disent. Après dix ans en Tchéquie, s’il y a bien une chose que chacun sait, c’est que — tout sympathiques qu’ils soient dans le fond — les Tchèques n’ont pas forcément inventé la jovialité. Ce qui ne les a pas empêchés, bien au contraire, de développer un humour national assez particulier, corrosif et … Continue reading Karel Čapek “La fabrique d’absolu” (La Baconnière)

Emily Saint-John Mandel “La mer de la tranquillité” (Payot & Rivages)

La double qui vient de Colonie Deux. Bien moins poétique que son chef-d’œuvre Station Eleven, Emily St. John Mandel adopte avec La mer de la tranquillité un style plus nerveux, qui rappelle davantage l’écriture haletante d’une Connie Willis. Exit le post-apocalyptique : cette fois, elle s’attaque au voyage dans le temps, prouvant au passage que Willis n’en détient pas le monopole—même si elle a encore … Continue reading Emily Saint-John Mandel “La mer de la tranquillité” (Payot & Rivages)

Kateřina Čupová (d’après Karel Čapek) “R.U.R. Le soulèvement des robots” (Glénat)

La double qui veut être le maître des humains. Pas forcément évident d’adapter en bande dessinée le texte légendaire de Karel Čapek — légendaire parce que l’écrivain tchèque y invente le terme robot. Robot, du tchèque robotovat, que l’on pourrait très approximativement traduire par “travailler pour son maître” dans sa version originale, avant que le mot ne soit largement galvaudé pour désigner le travail mécanique … Continue reading Kateřina Čupová (d’après Karel Čapek) “R.U.R. Le soulèvement des robots” (Glénat)

Bohumil Hrabal “Les souffrances du vieux Werther” (10/18)

La double qu’un régiment entier aurait pu lui passer dessus Sans vouloir jouer les Hrabal-joies, pas vraiment la porte d’entrée la plus facile pour pénétrer l’univers de ce cher Bohumil. Peut-être pas aussi dur que pour le narrateur de se coltiner son grand-père asocial pendant une centaine de pages aussi touffues et bordéliques qu’une cuisine tchèque du début du siècle. Ne cherchez pas Goethe dans … Continue reading Bohumil Hrabal “Les souffrances du vieux Werther” (10/18)

Denis Bajram “Universal War One” (Soleil)

La double qui plonge dans un trou noir Ne vous laissez pas berner par ce titre à faire pâlir un blockbuster américain sous stéroïdes — Universal War One est bien plus fin qu’il n’en a l’air. Certes, avec le recul, sa galerie de personnages épatante et le souffle épique qui traverse la série en feraient un candidat tout désigné pour une adaptation sur Netflix (au … Continue reading Denis Bajram “Universal War One” (Soleil)

Martin Mongin “Le Chomor” (Editions Tusitala)

La double qui ne bouge pas d’un cul  Non, Le Chomor n’est pas une chronique sociale autour d’une étudiante en cinéma approchée par une société secrète aux desseins révolutionnaires. Le Chomor n’est pas non plus une improbable œuvre de fantasy à la française, Stranger Things dans les Côtes‑d’Armor. Pas plus qu’il n’est un roman d’horreur où deux jumelles tentent d’échapper à leur tortionnaire dans un … Continue reading Martin Mongin “Le Chomor” (Editions Tusitala)

Mary Robinette Kowal “Vers les étoiles” et “Vers Mars” (Folio SF)

La double qui a note Alkaid et Spica Vraie-fausse uchronie (une météorite est tombée sur Terre après-guerre et va rendre cette dernière inhabitable dans un avenir proche — enfin, proche pour l’époque), vrai-faux roman de SF (pas de combats au laser, pas de petits hommes verts, ni de virus extrastellaire), mais vrai bon double-bouquin : le diptyque Vers les étoiles – Vers Mars est une … Continue reading Mary Robinette Kowal “Vers les étoiles” et “Vers Mars” (Folio SF)

Christian Garcin “le vol du pigeon voyageur” (Gallimard)

La double qui s’adresse en chinois a sa femme La grande question demeure : Christian Garcin a-t-il une fille ? Et si oui, est-elle majeure, vaccinée — et surtout, s’est-elle barrée à l’autre bout du monde sans donner de nouvelles à son papa chéri ? Ça pourrait expliquer bien des choses. Notamment pourquoi, vingt ans avant l’excellent Le Bon, la Brute et le Renard, Garcin … Continue reading Christian Garcin “le vol du pigeon voyageur” (Gallimard)

Luz (et Virginie Despentes) “Vernon Subutex” (Albin Michel)

La double qui a vendu tous ses disques. J’aime pas Despentes. M’emmerdez pas. Je sais que je devrais, mais ça passe pas. Baise-moi m’a moins choqué qu’ennuyé, King Kong Théorie m’est tombé des mains malgré mon appétence pour les lectures féministes, et je préférerai toujours relire Débrouille-toi avec ton violeur d’Infernus Iohannes que le très moyen Cher Connard. À la limite, seul Vernon Subutex pouvait … Continue reading Luz (et Virginie Despentes) “Vernon Subutex” (Albin Michel)