Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

La double qui ne nous est bizarrement pas si étrangère. Roman gigogne et roman-fleuve, roman protéiforme et roman kaléidoscopique, La Cité des nuages et des oiseaux est un véritable chef-d’œuvre. Point. De la petite orpheline du Constantinople de 1453 à Konstance, qui fuit la Terre dévastée du XXIIᵉ siècle à bord du vaisseau Argos, en passant par le vétéran de la guerre de Corée devenu … Continue reading Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

Lewis Trondheim “Ralph Azham” (Dupuis)

La Double qui sort sa bite pour les effrayer, comme ça on n’a pas à les combattre. La faute à son dessin guilleret et ses personnages cartoonesques, plus proches de Disney que de Ken le Survivant, ou peut-être parce qu’avec Monstrueux, Trondheim avait fait une excursion réussie au rayon jeunesse, mais voilà que Ralph Azham s’était retrouvé coincé un peu par hasard entre deux Astérix … Continue reading Lewis Trondheim “Ralph Azham” (Dupuis)

Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

La double qui préfère être jugée par douze que portée par six. Le Seigneur des porcheries, c’est la destinée qui frappe à la porte de l’auge à cochons. Celle qui amène un jeune punk de 20 ans à quitter la Pennsylvanie pour aller jouer de la guitare dans les bars parisiens tout en écrivant ce qui allait devenir un roman culte, qui ne serait jamais … Continue reading Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

Infernus Iohannes “Débrouille toi avec ton violeur” (Editions de l’Olivier)

La double qui se débrouille avec son déviationisme ultra-minoritaire, avec sa déviance de gouine frigide, de gauchiste imbaisable et hysterique. Débrouille-toi avec ton violeur. Débrouille-toi avec tes préjugés. Débrouille-toi avec ta perception du réel. Débrouille-toi avec ton politiquement correct, avec ton manque d’appétit pour ces mots crus mais jamais obscènes — ce n’est pas ça, la vulgarité. La vulgarité, c’est “Célèbre” de Maud Ventura encensé … Continue reading Infernus Iohannes “Débrouille toi avec ton violeur” (Editions de l’Olivier)

J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)

La double qui est incapable de reconnaître un pénis quand elle en voit un, ou plutôt quand elle n’en voit pas. Drôle de personnage que ce Mailman, postier aussi maniaque que foutraque, psychopathe en puissance qui se contente — pour l’instant — d’ouvrir et de lire le courrier de tous ceux qui se trouvent sur le chemin de sa tournée quotidienne. En tout cas, jusqu’à … Continue reading J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)

Sandrine Collette “Et toujours les forêts” (JC Lattes)

La double qui était d’une tristesse effarante et Augustine peinait à la suivre. Aussi sombres et peu accueillantes qu’elles soient, on y revient toujours, dans ces forêts que l’on imagine noircir les pentes inhospitalières du Morvan de Sandrine Collette. On y revient toujours, aux forêts, surtout lorsqu’on est un orphelin rescapé par miracle d’un holocauste climatique et qu’on n’a nulle part d’autre où aller, et … Continue reading Sandrine Collette “Et toujours les forêts” (JC Lattes)

Luz “Testosterror” (Albin Michel)

La double qui m’a toujours dit que, dans la vie, il faut sortir la boîte à couilles. Pour traiter d’un sujet aussi casse-gueule que la virilité, il fallait bien un Luz de compet’, anti-beauf par excellence. Une fois n’est pas coutume pour cet adepte de l’autofiction plus ou moins fictionnelle (rappelez-vous du fantastique Indélébiles), le dessinateur de Charlie Hebdo nous pond ici un petit morceau … Continue reading Luz “Testosterror” (Albin Michel)

Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)

La double qui pense que les jeunes se remettent à écouter des CD. Et si on tenait là le roman de la maturité pour FabCaro ? Ça commence à la caisse d’un supermarché (comme le fantastique Zaï Zaï Zaï Zaï), ça part vite en sucette aux frontières du surnaturel et de la folie pure (comme dans l’excellent Figurec), c’est parsemé de saillies verbales et de … Continue reading Fabrice Caro “Fort Alamo” (Sygne/Gallimard)

Laure Gauthier “Melusine reloaded” (Editions Corti)  

La double qui constate qu’il s’agissait d’un pseudo-amour (PA). Timing pourri pour la fée Mélusine, qui a choisi de revenir sur Terre à une époque où celle-ci n’a plus grand-chose à voir avec la nôtre (quoique, quoique…) et encore moins avec celle où le roi Arthur tapait le carton avec Lancelot en buvant de la bière tiède dans le Saint Graal. Ici, les Touristes Traversants … Continue reading Laure Gauthier “Melusine reloaded” (Editions Corti)