David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

La double qui n’avait pas littéralement dit fraîcheur vespérale. Aussi long qu’un match Isner-Mahut (11h05 en 2010 à Wimbledon, près de 1400 pages ici), aussi puissant qu’un coup droit de Nadal le long de la ligne de coke, aussi subtil qu’un amorti de Federer, aussi haletant et indécis qu’une énième finale Sinner-Alcaraz, aussi fantasque qu’un coup de Monfils entre les jambes, L’Infinie Comédie parle donc … Continue reading David Foster Wallace “L’infinie comédie” (L’Olivier)

Thomas D.Lee “Royaume en péril” (Christian Bourgeois)

La double où Lancelot dit merde, de nouveau. S’il y a un royaume qui n’est pas en péril ces temps-ci, c’est bien celui de la littérature fantastique, portée ces dernières années par un nouveau souffle grâce (ou à cause ?) au réchauffement climatique et à ses implications. À l’instar de Sandrine Collette, Thomas D. Lee en fait un personnage central de son œuvre, aux côtés … Continue reading Thomas D.Lee “Royaume en péril” (Christian Bourgeois)

Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

La double qui démontre la parfaite inutilité de connaître la réponse à la mauvaise question. Lire Ursula Le Guin à 20 ans, c’est se prendre une grosse claque dans sa petite tête de jeune lecteur de littérature fantastique ; la relire vingt ans plus tard, après avoir engrangé dans la même petite tête des dizaines de milliers de pages supplémentaires, c’est mesurer l’influence improbable qu’a … Continue reading Ursula K. Le Guin “La main gauche de la nuit” (Le Livre de Poche)

Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

La double qui a le souffle coupé quand elle parcourt à grand fracas l’indicateur des chemins de fer. Prem’s. Premier, d’abord (bien longtemps avant Huxley et Orwell), à avoir créé un monde parfait, si parfait qu’il ne tarde pas à se craqueler dans tous les sens alors que les Numéros qui le peuplent commencent à sentir des fourmis dans les jambes. En revanche, comme Dostoïevski … Continue reading Evgueni Zamiatine “Nous” (Babel)

Martin Mongin “Le livre des comptes” (Editions Tusitala)

La double qui va enfin pouvoir souffler un peu. Bien plus linéaire que l’ébouriffant Francis Rissin, plus capillotracté que le fantasque Chomor dont on ne s’est toujours pas remis, le nouveau Martin Mongin est un peu en deçà de nos espérances, mais il faut dire qu’on avait placé la barre drôlement haut. Comme toujours chez Mongin, inutile d’espérer résumer l’intrigue, sachez juste qu’il y est … Continue reading Martin Mongin “Le livre des comptes” (Editions Tusitala)

Samir Machado de Machado “Tupinilândia” (Editions Métailié)

La double dont l’échec est inévitable. Si l’on ne peut être qu’un poil déçu (mais alors, très légèrement) par la tournure limite grand-guignolesque que finit par prendre Tupinilândia, ce (trop) long roman de Machado de Machado n’en demeure pas moins une lecture passionnante, avec un point de départ aussi excitant que fatalement casse-gueule, d’où la déception susdite : un milliardaire brésilien mégalo décide de créer, … Continue reading Samir Machado de Machado “Tupinilândia” (Editions Métailié)

Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

La double qui ne nous est bizarrement pas si étrangère. Roman gigogne et roman-fleuve, roman protéiforme et roman kaléidoscopique, La Cité des nuages et des oiseaux est un véritable chef-d’œuvre. Point. De la petite orpheline du Constantinople de 1453 à Konstance, qui fuit la Terre dévastée du XXIIᵉ siècle à bord du vaisseau Argos, en passant par le vétéran de la guerre de Corée devenu … Continue reading Anthony Doerr «La Cité des nuages et des oiseaux» (Albin Michel)

Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

La double qui préfère être jugée par douze que portée par six. Le Seigneur des porcheries, c’est la destinée qui frappe à la porte de l’auge à cochons. Celle qui amène un jeune punk de 20 ans à quitter la Pennsylvanie pour aller jouer de la guitare dans les bars parisiens tout en écrivant ce qui allait devenir un roman culte, qui ne serait jamais … Continue reading Tristan Egolf “Le seigneur des porcheries” (Gallimard)

J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)

La double qui est incapable de reconnaître un pénis quand elle en voit un, ou plutôt quand elle n’en voit pas. Drôle de personnage que ce Mailman, postier aussi maniaque que foutraque, psychopathe en puissance qui se contente — pour l’instant — d’ouvrir et de lire le courrier de tous ceux qui se trouvent sur le chemin de sa tournée quotidienne. En tout cas, jusqu’à … Continue reading J. Robert Lennon “Mailman” (Monsieur Toussaint Louverture)